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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

félin l’un des Grands de Neustrie, qui étoit Abbé de S. Germain des Prez, se mita latête d’un Parti bien différent, il soutint que la Monarchie avoit besoin d'un Roi actif& puissant pour arrêter les désordres du dedans & du dehors, & non d’enfans, telsqu’on les proposoit ; qu’ainsi on ne pouvoit faire un choix plus raisonnable que Louis,déja Roi de Germanie. Cet avis auroit apparemment été suivi comme le plus con-venable, si ce même Louis eut pû donner ses foins à la conclusion, mais appellé aufond de l’Allemagne par la mort de son frère Carloman, il se contenta que le Parle-ment de France lui relâchât la partie de la Lorraine qui avoit appartenu à Charles leChauve. On fe hâta ensuite de couronner les deux jeunes Rois & de partager l’Etatentr’eux ; Louis eut la Neustrie, Carloman la Bourgogne & l’Aquitaine.

Louis IJX & Carloman II. Rois.

A PEINE l’on étoit d’accord fur ces points importans, que l’on fut étonné d’ap- LouIS IIr -prendre que, par une entreprise jufques-là fans éxemple, Bozon s’étoit fait cou-^anTl 0ronner Roi, fous le titre de Bourgogne, dans le Palais de Montale proche de Vienne,en présence d’un nombreux Concile, & qu’il avoit soustrait une grande partie du Ro-yaume de la Monarchie : un tel attentat anima tous les Grands à fa punition, & cha-cun s’y portoit avec jalousie ; mais les jeunes Rois avoient des ennemis plus preífans ;les Normands d’une part qu’ils désirent fur les bords de la Vienne le dernier de No-vembre 878, & Louis le Germanique qui avoit toujours des prétendons; ils s’abou-cherent enfin avec lui & cependant ne purent rien conclurre, parce que leur entreprisefut troublée par la nouvelle d’une étrange irruption des Normands ; ces Peuples étansentrez en France détruisirent S. Orner, autrefois dit éasie», Therouenne, Arras&Tour-nay, S. Riquier & S. Vallery, Abbayes, & toute la Picardie d’outre la Somme. Louisde France les alla combattre & en tua quantité, mais il ne pût empêcher que cette par-tie de son Royaume ne demeurât presque deserte ; Arras fut abandonné 30 ans durant,Tournay ne fut ensuite rétabli que par quatre de ses habitans, lesquels s’étans d’abordretirez à Noyon y retournèrent quelque tems après, & s’étant rendus maîtres du ter-rain ils distribuèrent des places à ceux qui fe présentèrent. En 881, les quatre Rois re-gnans de la Postérité de Charlemagne, voyant que la Monarchie leur échapoit, assem-blèrent un Parlement à Gondreville en Lorraine, & y firent un double Traité d’Alli-ance contre Hugues de Waldrave & contre Bozon ; après quoi Louis & Carloman,accompagnez de Charles de Germanie, allerent mettre le siège devant la Ville de Vi-enne, où Bozon n’avoit laissé pour la défendre que fa femme, fille de l’Empereur Louis ;mais comme le siège tiroit en longueur, Charles le quitta pour passer en Italiedont il etoit deja maître, il y reçût la Couronne Impériale le jour de Noël de cetteannée.

Pendant que Vienne fe défendoit, les Normands entrerent dans le Royaume avecdes forces formidables par des endroits différens. La premiere bande descendit par leVahal & brûla le Palais de Nimegues : Louis de Germanie n’ofa la combattre & ai-ma mieux la laiíîèr retirer avec son butin. La seconde, qui entra par la Somme, forçala Ville d’Amiens, l’Abbaye de Corbie, & fit un dégât horrible dans le Plat-païs :

Louis de France quitta le siège de Vienne pour la repousser, il lui donna un échec,ou elle perdit 9000 hommes, mais elle étoit encore si terrible & si fiere qu’il n’osa l’at-taquer dans fa retraite. La troisième qui étoit nommée la bande de Haslou descendit

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