Mémoires Historiques.
149
Charles le Gros, Empereur, Quarant>
septième Roi.
L E Parlement François, qui s’assembla auffi-tôt après, n’eut pas de peine a se deter- Charlesminer sur le choix d’un Roi Empereur. Charles fut reconnu d'un consentement LE Gro3 ‘unanime, & l'on pourvût à l’éducation du jeune Prince en le confiant aux soins de Hu-gués, Duc de France. Le premier malheur du Roi Charles, outre la foiblesse de fatête, fut celui d'avoir éloigné son neveu Arnoul des affaires, & d’avoir donné fa confi-ance à Henry Duc de Saxe, & à Gilbert Archevêque de Cologne : Ces deux Ministresse porterent d’abord à une énorme perfidie qu’ils commirent fans aucune utilité, & quidonna occasion aux Normands de renouveller leur fureur ; car ayant appelé leurRoi Godefroy & le nouveau Comte de Frise à une conférence avec le Duc Henry, fousprétexté de convenir de la Traite des Vins du Rhin, celui-ci fit massacrer de sang froidles Normands, puis s’étant saisi de Hugues, il le confina à PAbbaye de S. Gai, dans lesAlpes, après lui avoir fait arracher les yeux. Dès l’anhée suivante, les Normands de-scendirent dans la Seine avec 700 Barques & la plus formidable Armée qu’ils eussentencore conduit en France, la Ville de Paris les arrêta, hûreufement défendue qu’elle étoitpar l’Evêque Gofcelin, celui-là même qui avoir opiné aux Etats de Meaux après la mortdu Bègue, l’Abbé Ebbon son neveu & le Comte Eudes fils aîné du Marquis Robert ; ilslivrerent quantité d’aiíàults aux Tours des deux Ponts qui font à présent le grand & lepetit Chatelet, & furent toujours repoussez, de sorte que perdant l’efperance de forcerla Place, ils élevèrent quantité de Forts dans les environs pour l’affámer, le siège duratrois ans, pendant lefquel ils pillèrent le Plat-païs avec une fureur si grande qu’il n’y de-meura personne. En 817, l’Empereur envoya le Duc de Saxe au secours de Paris, ilattaqua le camp ennemi du côté de S. Denys & jetta quelque secours dans la Place,mais comme cela ne fuffifoit pas, le Comte Eudes alla lui-même trouver l’Empereurpour lui faire connoître l’importance de conserver une telle Ville, de sorte qu’il renvoyale Duc de Saxe avec une seconde Armée, mais plus inutilement encore que la prennerefois, parce que le Duc fut tué en reconnoiíïànt les Postes des Normands, & son Armées’en retourna fans rien entreprendre. Enfin l’Empereur y vint lui-même & s’étant cam-pé à Montmartre, il délibéra long tems & prit enfin le parti de traiter avec les Barbarespour 1400 marcs d’argent, le butin & le quartier d’hyver aux environs de la Ville deSens. Sur cela s’étant trouvé attaqué de nouveaux vertiges & d’une étrange douleur detête, il retourna precipitemment en Allemagne, où on le traita par des incisions qui nesoulagèrent pas le mal principal. Les Normands, persuadez que dans cette conjonctureils pouvoient impunément manquer aux Traitez faits avec lui, revinrent à Paris, & peus’en salut qu’ils ne surprissent la Ville en plein midi, pendant que les Bourgeois dinoient,ils furent néanmoins repoussez, après quoi ils fe répandirent en Champagne & en Bour-gogne, & y firent deux ans durant leurs ravages accoutumez.
En 888, l’Empereur assembla un Parlement pour s’y plaindre en public de l’Impera-trice fa femme, & déclara qu’il la répudioit après avoir folemnellement affirmé qu’il nel’avoit jamais touchée ; ce fut le premier pas vers fa ruine, car cette Princesse avoir sibien fçû cacher les égaremens de son esprit qu’il n’en étoit point encore arrivé d’éclatscandaleux, mais dès la même année le pauvre Charles fe rendit si méprisable qu’il fetrouva abandonné de tout le monde à la fois. Le Parlement de Trebur * déféra la * villageCouronne de Germanie à Arnould, fils de Carloman, & celui-ci pourvût à la subsistance h
P i , r , Hesse-
o d de Darmstadt.