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Tome premier.
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Me moires Historiques, iff

de cet Empereur, où il n’y avoit encore aucune de ces trois Provinces de Normandie, Charlesde Guienne, ni de Champagne.

Nous ne saurions suivre la Police Françoise sous le Régné du Débonnaire & de sesenfans, fans reconnoitre & fans plaindre, avant toutes choies, le destin commun de tou-tes les Monarchies, qui les livre à la nécessité d’avoir des Maîtres d’un caractère si in-égal, que l’on peut hardiment compter qu’à la fuite d’un bon & grand Prince, il enviendra dix, ou malhûreux, ou médians, ou imbecilles, & quelquefois tous trois ensem-ble, ce' que tous les Monarques véritablement sages ont prévû & à quoi la Politiqueparticulière de Charlemagne auroit apporté du remede, s’il y en pou volt avoir contrela fatalité des évenemens ; car en établissant les Parlemens, il avoit pourvu ses Successeursd’un Conseil nécessairement & parfaitement fidele, qui ne leur auroit jamais manqué,s’ils ne se fussent manqué à eux-mêmes les premiers -, encore voyons-nous que l’incon-stante conduite du Débonnaire, & les factions qui divisèrent son Régné, eurent toutesles peines du monde à le corrompre: les Parlemens nepouvoients’écarter de la justice& de la vérité, toutes les fois qu’ils avoient la liberté de juger suivant leur conscience ;à la fin ils devinrent aussi pervers que les Maîtres, comme on le volt fous le Régnédu Chauve, parce qu’il est moralement impossible de résister à l’éxemple des Rois ;c’est pourquoi quand ceux-ci ont une fois fait dans leur cœur le malhûreux partagede l’interêt personnel d’avec celui de l’Etat, & qu’en conséquence ils agissent par lemotif de leurs passons, toujours plus déréglées que celles des autres hommes, parcequ’elles font nées & se sont fortifiées dans l’autorité, & le Rang sublime attaché à leurnaissance, il est d’une éxpérience certaine que tous les inférieurs, grands & petits, s’ac-coutument d’abord aux mêmes principes d’interêt personnel, de mépris ou d’indiffé-rence pour l’avantage commun & d’ardeur pour la satisfaction des passons particuliè-res : C’est ainsi que Charles le Chauve, ayant été un Prince leger & fans foi, accou-tuma les François à la legereté & à l’infidelité ; qu’ayant été aussi avide de tout cequ’il né possedoit pas, que négligent à conserver ce qui lui appartenoit, il les accoutu-ma à l’usurpation, dont il fut la premiere victime ; que s’étant aimé lui seul par pré-férence à ses devoirs envers l’Etat & envers fa Famille, il les accoutuma à s’aimer eux-mêmes pareillement & à les haïr avec detestation, jusqu’à recourir au poison pours’endefaire. Au reste, les Parlemens parvinrent fous la postérité de Charlemagne à ce de-gré d’autorité que je ne puis m’empêcher de regarder comme un dérèglement, con-traire à l’intention que ce Monarque avoit euë en les établissant ; nous avons vû dequelle maniéré ils condamnèrent à la mort Bernard, Roy d’Italie, quoique aîné de laMaison Royale, comment ils privèrent l’Empereur Lothaire de son partage en deçades Monts, comment ils traitèrent la Postérité de Pépin Roi d’Aquitaine ; mais aussifaut-il reconnoître que ce font moins des actes de Parlement que des effets de la pas-sion de ce Prince qui les faisoit agir dans les occasions, & partant bien que l’on nepuisse disconvenir que les Dignitez Impériales & Royales n’ayent subi leur jugement,je crois que l’on peut asseurer que jamais les Parlemens François n’ont prétendu audroit positif de juger les Princes sacrez & couronnez, quoi qu’ils ayent eu celui de leschoisir, comme l’Histoire suivante en fera la preuve.

II resteroit à définir quelle part & quelle fonction les Prélats avoyent dans les Parlemensgénéraux, où Pépin leur avoit accordé le rang de préséance, surquoi il est nécessaire d’ob-server que sous les premiers Rois on ne trouve que deux exemples où les Evêques ayentété appeliez au Parlement, sçavoir sous le Roi Gunchram & sous Clotaire II. lors qu’ilse fit reconnoître en Bourgogne, mais un Moderne très-habile a judicieusement remar- Le La-qué que dans la premiere occasion ils étoient si éloignez d’avoir la préséance, ou d’ê-tre regardez comme Membres nécessaires, que dans la Harangue que le Roi Gunch- i a Pairie.

fit à l'ouverture de l’Assemblée, il adressa la parole aux Seigneurs en présence deskvèques: & quant à la seconde occasion, on volt bien qu’il n’étoit question que du

serment