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Tome premier.
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Charlesle Gros.

Mémoires Historiques.

serment de fidélité que Clotaire étoit obligé de prendre de ses nouveaux sujets à sonavenement au Royaume de Bourgogne. 11 est auíìì certain cependant que depuis leRégné de ce même Clotaire, ou plûtôt que depuis la Regence de la Reine Batilde, lesEvêques ont toujours affecté de se trouver aux Assemblées génerales, & même de lesremplir en plus grand nombre que les Seigneurs Laïques, c’étoit une innovation pré-cise que l’ignorance d'une part & la superstition de l’autre firent tolerer j.usqu’à ce queCharlemagne détruisit en général toutes sortes d’Assemblées, quoique son indignationparticulierfe contre les Evêques ne laissât pas de continuer. Mais quant à la fonctionque le Clergé y éxerçoit, il me paroit qu’elle ne se pouvoit rapporter ni aux jugemenscapitaux, ni aux entreprises militaires, & qu’ainsi elles dévoient être réduites à opinerfur les matières communes, telle que la répartition des Impôts & les moyens de termi-ner les différens particuliers, à l’égard desquels les Evêques & Abbez étoient regardezcomme des Docteurs ou des Jurisconsultes pour éxpliquer la Loi ; quant aux Impôts,ils y avoient intérêt personnel, outre celui de Citoyen, parce que les biens du Clergé n’é-toient pas encore exempts de Charges civiles, & c’est pour cela que nous voyons dansle Parlement de Quercy de Pan 877, que les Prêtres & les Monastères furent taxezplus haut que les autres Membres de l’Etat, fans que le Pape [Jean VIII.] pût inva-lider cette imposition. Pour ce qui est des autres Membres des Parlemens, on ne sçau-roit douter qu’ils ne fussent composez des Seigneurs de la Cour, des Officiers des Ar-mées & des Magistrats des Provinces qui s’y rendoient selon que le lieu de P Assembléeétoit plus ou moins à leur portée, il y avoir toutefois des occasions signalées où toutesles personnes constituées en Dignité étoient invitées de s’y trouver, de quelque Nationqu’elles fussent, ce que l’on appelloit Parlemens Généraux, à la distinction des Parle-mens particuliers de chaque Royaume, qui ne pouvoient statuer que par rapport à leursaffaires particulières ; on remarque toutefois que les Rois étoient fort attentifs fur lechoix des lieux où se dévoient tenir les Assemblées, parce qu’il étoit sûr que le plusgrand nombre de Membres seroit de ce Canton-là, & c’est une preuve que les affairess’y decidoient a la pluralité des voix & non par Provinces ou Duchez, comme quel-ques-uns Pont écrit, & qu’il s’est pratiqué dans les Etats Généraux qui ont succédé àces Parlemens : ainsi nous voyons que Louis le Débonnaire ayant à choisir un lieu pourla tenue dun Parlement qui devoit connoître du tort ou de la justice qu’on lui avoitfait, ne voulut jamais fléchir à la priere de son fils Lothaire qui vouloir les assembleren Neustrie, mais qu’il les fit tenir à Nimegue, parce qu’il y eut moins de Députez,à cause de l’éloignement de cette Place, qui d’ailleurs étoit située dans un Pais oû il a-voit beaucoup de Partisans.

Nous avons parmi les Ouvrages de Hincmar, au Traité qui est intitulé, de Ordina-tìone Sacri Palatiï, une description de la tenue d’un Parlement François, que ce Prélatdonne, non comme P usage de son tems, mais comme une chose qu’il avoit apprisedans fa jeunesse du Grand Adelard, Abbé de Corbie, qui étoit cousin germain & avoit.été le principal Ministre de Charlemagne; il dit donc que le Prince laissoit une entiereliberté aux délibérations qui fe faisoient en deux Chambres différentes, par les Ecclé-siastiques & Laïques séparément ; que les Chambres étoient ornées de sièges & de ta-pis, que le Prince n’entroit jamais ni dans l’une ni dans l’autre, mais qu’il recevoit defréquens Messagers de leur part, comme il envoyoit les siens ; qu’enfin lors que les ré-solutions étoient formées, le Roi ou l’Empereur paroissoit en public fur un trône, prèsduquel les deux Chambres ne manquoient pas de se rendre & qu’en leur présence onfaisoit la dénonciation au nom du Roi, laquelle étoit toujours reçue avec acclamationpar une multitude, qui, fans avoir de part aux résolutions, ne laissoit pas d’avoir connoif-íance des affaires proposées & d’en traiter directement avec le Roi, de forte que l’onpourroit croire que si le Prince eut eu dessein de faire rejetter quelque résolution, il au-roit pû fe servir de cette même multitude ; mais Hincmar ne laisse pas penser qu’i! pût

y avoir