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Tome premier.
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Mémoires Historiques. I

jarrets de ce jeune Prince, pour le rendre inhabile à la guerre ; mais Ofmond Gouver- L °vis IV.neur de ce Prince, ayant eu connoissance de ce qui se tramoit, trouva le moyen de lesauver, engageant un Païsan à l’emporter sur son dòs, lié dans une trousse d’herbe ; a-près quoi, étant lui-meme sorti de la Ville a cheval, il arriva la même nuit avec Pensantdans la Ville de Senlis, ou le Comte Bernard, son oncle maternel, qui voulut le gardersans le vouloir rendre ni au Roi, ni aux Normands qui se l’étoient laissé enlever.

Herbert de Vermandois mourut dans ce même tems dans tine espece de désespoir deson salut; comme ses Etats furent partagez avec plusieurs enfans qu’il laissa, le Roi son-gea d’abord à les opprimer l’un après Pautre, puis peu à peu les reçût en grâce par lamédiation de Hugues, auquel il cotisera pour lors le titre de Duc de France. On nevit alors, que brouilleries & raccommodemens entre le pauvre Roi & son Compétiteur,le Duc Hugues ; le premier ayant surpris la Ville d’Amiens fur Eudes de Vermandois*celui-ci en prit aussi-tôt occasion de renouvelles la guerre, mais le Roi confia la Place àHerluïn de Montreuil, après Pavoir bien remis avec le Comte Arnoul de Flandres. En945, Louis & Hugues firent un nouveau Traité pour la conquête de Normandie qu’ilsdévoient partager ensemble, ils y entrerent à forces communes & soumirent tout le Paisfans résistance ; car quoique l’on commençât à bâtir alors des Forteresses, il n’y en avoirpoint encore en Normandie. Bernard, Comte de Senlis, ne voyant point de remede àcette violence, fut le premier à conseiller la soumission aux Normands, mais il les portaà la rendre au Roi seul à Péxclusion de Hugues, ce qui ne manqua pas de les brouiller,de forte que celui-ci se retira mécontent. Bernard pratiqua un soulèvement général desNormands, & ayant assemblé une Armée il marcha contre le Roi, toutefois avant qued’en venir au combat, il proposa une conférence qui se tint au lieu de Cressenville, en-tre Caën & Lizieux, & prit de si bonnes mesures qu’il se trouva en état d’enlever le Roi& de massacrer tous ceux qui firent résistance -, Herluïn de Montreuil fut tué dans cetteoccasion à l’aide & satisfaction des Normands qui le regardoient comme le Meurtrier deleur Duc Guillaume.

Dès que la nouvelle de la detention du Roi fut arrivée en France, la Reine Serbergefa femme recourut à la médiation de son frere, le Roi de Germanie ; inutilement toute-fois, puis qu’il en salut revenir à un Traité qui fut conclu à S. Clair fur Epte, par le-quel le Roi s’engagea non seulement au rétablissement du jeune Duo Richard, mais lereçût à l’hommage & promit de ne jamais rien entreprendre contre lui, & parce que faparole étoit suspecte, on l’obligea de donner son second fils en otage avec deux Evê-ques ; après quoi les Normands le remirent entre les mains de Hugues de France qui legarda encore un an ; & pour éviter les reproches du Roi de Germanie, le remit à Thi-bault le vieux, ou le Trichard,Comte de Chartres & de Blois, qui le garda encore quel-ques mois jusqu’à ce qu’enfin le Roi de Germanie le fit entièrement delivrer.

En 946, Louis ayant recouvré sa liberté vint trouver le Roi Othon à Cambray, oìïConrard Roi de Bourgogne se rendit aussi, on y convint de porter le fer & le feu dansles Terres de Hugues de France, regardé de tous comme Un second Herbert ; en effet,ayant assemblé des Troupes ils vinrent mettre le Siégé devant Rhèims, & ayant priscette Ville, ils en chassèrent Hugues de Vermandois; après quoi ils rétablirent Arthold,delà passant à Laon qu’ils ne purent prendre, ils vinrent se présenter devant Paris, puistomberefit fur la Ville de Rouen où leur Armée acheva de se consumer. En 947,Hugues de France remit le siégé devant Rheims, & le Roi Louis devant Montreuilqu’il vouloir ôter à Rotgárd fils de Herluïn ; ils ne firent rien, ni P un ni Pautre. L’an-née suivante, il se tint deux Conciles des Prélats de France & de Germanie à Verdun &à Ingelíheim, tant pour travailler à la réunion de Hugues avec le Roi que pour ter-miner la querelle des deux Archevêques de Rheims. Le Roi Louis harangua lui-mêmë8c leur représenta qu’ayant été appellé d’Angleterre, où la rébellion des Seigneurs Fran-çois l’avoit obligé de se retirer, il n’en étoit revenu qu’à la sollicitation dç Hugues,

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