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Tome premier.
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170
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170 Mémoires Historiques.

Louis IV. Comte de Paris, pour occuper un Trône dont il étoit l’Heritier légitimé, mais que loind’avoir trouvé des sujets fidèles & obéïíìans, il avoit éprouvé de la part de Plu gués lui-même tous les artifices &Tes mauvais traitemens imaginables, jusqu’à se voir retenuprisonnier pendant deux ans entiers, fans aucune cause ni prétexté & au mépris signaléde ses bienfaits ; que ce même Hugues s’étoit emparé de la Ville de Laon, la feulequi lui restât du Domaine de ses peres, en forte qu’il se trouvoit dans une conditionpire que celle du dernier des Seigneurs, n’ayant pas un seul endroit de retraite & deseureté dans tout le Royaume & fans néanmoins qu’aucun François se pût plaindre qu’ileut fait tort ou violence à personne, A l’égard des Contendans pour le Siégé deRheims, il montra en peu de mots l’injustice de la Maison de Vermandois, & finit enpriant les Prélats de faire les derniers efforts de leur charité & de leur zèle pour épar-gner le sang de la Nation & pour porter les Rebelles à rentrer dans leur devoir. Lesdeux Hugues furent inutilement citez au Concile & depuis à celui de Verdun, deforte que la sentence d’éxcommunication fut à la fin portée contre le Duc de France &ses partisans, & Arthold de Rheims fut rétabli dans son Siège. On remarque qu’O-thon Roi de Germanie fit alors une déclaration publique, par laquelle, nonobstant faproximité avec Hugues de France, il renonça à son alliance en detestation de ses four-bes & de ses trahisons, & que toutefois il ne donnoit que de foi blés secours à Louis,étant peut-être bien aise que la France se consumât par ses propres forces pour avoirplus de facilité à s’en emparer pour lui-même. En 949, Foulque le Bon, fils de Roux,Comte d’Anjou, mourut ; ce Seigneur avoit commencé à introduire parmi les Laïquesl’imifation de la tonsure Cléricale, apprim'e tonjus ut Clericus , & la mode de chanter àl’Eglise avec le Clergé, mode qui fit depuis tant de progrès, que le Roi de France,Robert, fils de Capet, n’avoit point de plus grand plaisir & d’occupation plus agréable.On rapporte que le Roi Louis s’étant raillé du bon Comte d’Anjou à ce sujet, celui-ci lui manda qu’«» Prince non-lettrê n’étoit qu’u H Afne couronné ; mais quoiqu’iî eut rai-son dans le fond, son usage fait voir quelle étoit l’étrange idée que l’on avoit des Sci-ences. En 950, une espece de paix entre Louis & Hugues de France se fit, par lemoyen de laquelle celui-ci remit au premier la grosse Tour de Laon qu’il occupoit,après quoi Louis passa en Aquitaine pour s’asseurer de la fidélité des Seigneurs de cePaïs-là, qui prenoient d’ailleurs peu de part aux affaires de Neustrie. L'année suivantela Reine Ogilve, maltraitée depuis long tems par son fils qui la retenoit prisoniere,trouva le moyen de s’évader & s’étant jettée entre les bras de Herbert de Vermandois,l’épousa âgée de plus de 45 ans ; le Roi lui fit perdre les avantages de son Douaire.

En 953, il y eut une nouvelle Paix entre le Roi & le Duc Hugues, au sujet de la-quelle il semble qu’on peut justement s’étonner de ce que, s’agissant entr’euxde la Cou-ronne même, à laquelle Hugues aspiroit manifestement, il paroit néanmoins que leursdifférons s’appaisoient pour moins que rien, n’étant jamais question que de la redditi-on ou de la démolition de quelques Tours ou Forteresses, construites en de certains pas-sages, ou fur le Cours des Rivières, par lesquelles le Commerce pouvoit véritablementêtre interrompu, mais qui n’approchoient pas de l’importance des autres différens qu’ilsavoient ensemble. On remarque aufiì qu’en ce tems-là Thibauld le vieil, ou le Tri-chard, Comte de Chartres, ayant épousé Lendegarde, sœur des Princes de Vermandois,commença de se rendre puissant dans la Champagne, où il tourmenta beaucoup la Villijde Rheims ; fa Postérité se rendit dans la fuite totalement maîtresse de cette Province,& reprit le titre des Comtes Palatins en la personne d’Eudes II, surnommé le Champe-nois. Enfin en 954, le Roi Louis d’Outremer mourut le 15. jour d’Octobre, aprèsavoir été long tems malade d’une chûte de cheval, dont il eut L corps froissé. CePrince que 1 on ne sauroit mettre au nombre des hûreux, quoiqu’il eut recouvré sa Cou-ronne par une fortune signalée, ne laissa que trois enfans ; Lothaire, qui lui succéda,

âgé