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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

âge de treize ans seulement ; Charles, qui fut Duc de Lorraine & qui mourut dans lesprisons de Hugues Cape t ; & Mahaut, qui porta la Souveraineté de la Ville de Lyondans la Maison des Rois de Bourgogne.

Lothaire II, Cinquante-troisième Roi.

L E Duc Hugues auroit pû alors s’emparer de la Royauté, mais dans son projet, quine pût être exécuté que par son fils, il vouloir qu’elle lui fut déférée fous quelqueprétexte, afin de fe mettre à couvert du nom odieux d’Usurpateur ; d’ailleurs il lui eon-venoit mal de la prendre par violence fur un enfant de treize ans, qui étoit même sonneveu ; c’est pourquoi il ne balança point de le conduire à Rheims, & de l’y faire sacrerau mois de Novembre de cette année, mais d’autre part, toujours attentif à son intérêt,il fe fit donner les Duchez de Bourgogne & d’Aquitaine, pour les joindre à celui deFrance, qu’il possedoit déja ; non qu’il eut intention de dépouiller tous les Propriétairesdes Seigneuries de ces Provinces, mais pour s’y donner l’autorité fuperieure, telle qu’iiéxerçoit fur les vassaux de fa Duché de France : Cette Donation notifiée à Guillaume,Comte de Poitiers, celui-ci refusa de s’y soumettre, de sorte que dès l’année suivanteHugues conduisit le Roi en personne avec une Armée devant la Ville de Poitiers, où ladéfense fut telle qu’intimidé d’ailleurs par un orage extraordinaire qui fut regardé com-me un effet de la protection que S. Hilaire donnoit à cette Place, il leva le siège ; leComte eut Paudace de le poursuivre dans fa retraite, mais il eut le malheur d’y être dé-fait. Enfin en 956, Hugues, le Grand Duc de France & Comte de Paris, mourut avecle regret de n’avoir pû parvenir au succès de tant de peines qu’il avoit prises pour dé-pouiller les Rois légitimés. II laissa de la derniere de ses femmes quatre garçons,Hugues, Othon, Eudes & Henry, les trois derniers defquels furent successivement Ducsde Bourgogne. Cette mort remit la paix dans le Royaume, parce que ses enfans, dontle plus âgé n’avoit que seize ans, n’étoient pas encore en état de suivre le projet d'Usur-pation, tracé d’ancienneté dans leur Famille. La Reine Gerberge gouverna pendant cetems-là avec beaucoup de tranquillité par conseil de ses freres, l’Empereur Òthon, &Brunon Archevêque de Cologne & Archiduc ou Gouverneur suprême de Lorraine ; cedernier vint en France exprès en l’année 959, pour y tenir un Parlement qui fut assem-blé à Compiegne : Passaire qui s’y traita concernoit la possession de quelques Châteauxde Bourgogne, prétendus par les enfans de Hugues le Grand. Ce même Prélat réprimales entreprises de Robert de Vermandois, Comte de Troyes, & eut toutefois du désa-vantage dans une occasion où il s’agissoit du rétablissement de l’Evêque de cette Ville,chassé par le Comte.

Cette ïïieme annee le Roi reçut a 1 hommage íes cousins, enfans d’Hugues le Grand,par la médiation de leur oncle commun, l’Archevêque Brunon, & pour marquer com-bien il les chèrissoit, il conféra à' l’aîné les Duchez de France & d’Aquitaine, & au se-cond celui de Bourgogne, exemple qui fait voir que les Rois prétendaient encore dispo-ser des Titres, ou Gouvernemens des Provinces, au moins à l’égard de ceux qui étoientd ancienne institution, mais auffi que les Seigneurs, qui les possedoient, étoient si perfua-ez du droit de leur propriété, que loin d’etre disposez a les ceder fur les ordres de, laC °ur, il n’y avoit que la force qui en pût décider, & c’est pourquoi le Roi Lothaire,^ donnant le Poitou à Hugues, depuis surnommé Capet, se remit à lui du soin de s’yaire connoître. Mais de toutes les Seigneuries du Royaume aucune n’étoit si odieuse

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