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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

Lothaiee avj Gouvernement, & en particulier à l’Archevêque Brunon, que celle des Normands ;c’est pourquoi on forma le dessein d’enlever le Duc Richard & de renvoyer prisonnier en,Allemagne sous le pretexte d’un Parlement qui fut indiqué à Soissons pour l’année 961,ruais comme ce Prince étoit en chemin pour s’y rendre, il fut hûreufement averti sur faroute par deux Cavaliers inconnus du tour qu’on lui vouloir faire, ce qui l'obli-gea de retourner fur ses pas ; ce coup ne fit pas perdre l’idée d’éxecutèr ce projet d’unéentre maniéré ; ce Duc fut mandé fur les bords de la Riviere d’Epte par le Roi pour luirendre hommage & taire les fer mens de fidélité auxquels il étoit tenu ; il s’y rendit aussi& passa la Riviere fans deffiance ; il ne voulut pas toutefois s’avancer fans avoir fait re-connoître les forces & les dispositions du Roi, par où il demeura convaincu du desseinformé contre lui, en conséquence dequoi il fe retira bien vîte sur son terrain. Le Roiqui ne le haïssoit pas moins, lui suscita un ancien ennemi qui lui donna dans la fuite tou-tes les peines imaginables, ce fut Thibaud, surnommé le Trìchard , Comte de Chartres,dont il a déja tant été parlé, lequel courut & pilla la Normandie, & qui, quoique défaitdans une bataille, ne laissa pas peu aprés d’aíîiéger Rouen & de mettre la Place en telleextrémité, que fans un secours qui vint du Nord au Duc Richard & qui obligea Thi-baud à le retirer, la Domination des Normands couroit risque d’être entièrement détrui-te, mais cela n'arriva qu’en 969.

L’Archevêque de Rheims, Arthold, étant mort en 962, Hugues de VerhlaRdois, quiavoir été son Concurrent, auroit cté envoyé en possession de ce Siège par un Concile te-nu à Meaux, sans supposition passionée de la Reine Gerberge, qui obligea les Evêquesde renvoyer la cause au jugement du Pape ; Gebuïn Evêque de Chaions fur Marne, futl’Auteur de cet expédient, dont Herbert & Robert, freres de Hugues, fe vangerent ensurprenant & brûlant de fond en comble sa Ville Episcopale. En 964 Arnoul, Comtede Flandres, étant venu à mourir, le Roi prétendit qu’il avoir fait une disposition géné-rale de ses Etats en fa faveur, au préjudice de son petit-fils, qui a été nommé Arnoul leJeune, & fous ce pretexte il s’empara de Douay & d’Arras l’année suivante. En 966,l’Archevêque Brunon s’étant rendu à Compiegne pour la tenue d’un Parlement y tombamalade & mourut à Rheims fe faisant rapporter en Allemagne. Ce fut une perte d'au-tant plus grande pour le Roi Lothaire, que son autorité avoit jufques-là contenu les fa-ctions, & que quelque bien intentioné que fut ou que pût être PEmpereur Othon, iln'avoit pas le même loisir pour fe rendre présent en France dans ces occasions importan-tes. On remarque que sous le Gouvernement qu’eut cet Archevêque, du Royaume deLorraine, il étoit déja divisé en haute Lorraine ou Mosellanique ; que celle-ci avoit unDuc particulier, nommé Gérard, duquel on fait descendre les Princes qui la possedençaujourd’hui ; & en basse Lorraine, dont le plus grand Seigneur prenoit le titre de Mar-quis ; mais ce Canton étoit encore subdivisé en quantité de Comtez particulières, L’Hi-stoire rend témoignage à cet Archevêque Brunon d’avoir été un très-grand Prince onl’a toutefois blâmé de la magnificence de ses équipages & de la splendeur de fa Courcomme peu convenable à un Pasteur de l’Eglife ; mais d’ailleurs il ne s’occupoit passeulement des affaires d’Etat, il porta ses soins à la reforme du Clergé & y donna entréeà la pauvre Noblesse, en pourvoyant à la bien faire élever, c’est à lui que l’on rapportel’éxcellente coûtume d’AUemagne & des Païs-Bas de faire preuve de Noblesse paternelle& maternelle pour entrer dans les Chapitres Séculiers & Réguliers des deux Sexes.

Le Roi Lothaire sc maria peu après à une Princesse, nommée Emme, que les Au-teurs assurent avoir été fille de Lothaire d’Italie & de l’Impératrice Adelaïs, soeur deConrard le Pacifique & femme d’Othon I. En 973, le même Empereur Othon mourutcomblé de gloire &ç de prospérité, acquise par une valeur & un travail infatigable. IIlaissa 1 Empire à son fils Othon II, dont le Régné ne fut ni st ferme, ni si hûreux quecelui de son père. La bonne intelligence continua entre ce Prince & le Roi Lothaire,jufques-là qu'Othon donna le Gouvernement de Lorraine, comme l’avoit possédé l’Ar-

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