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Tome premier.
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M k moires Historiques.

Juillet, avant que les intéressez à la Succession eussent la nouvelle de la mort du Rot,aussi les Historiens obscrvent-ils qu’il n’y eut aucune opposition, & que personne ne ré-clama de la part du Duc de Lorraine, véritable heritier.

Hugues Capet, Cinquante-cinquième Roi.

L suffisoit en effet à Hugues d’avoir un titre, & il n’y en avoit point alors de plus Huguesspécieux que celui du Sacre, mais aussi comme il connoissoit bien le défaut de sonaction il n’eut rien de plus pressé que de le réparer, ce qu’il fit par une évocation solem-nelle d’un Parlement qu’il indiqua pour le mois de Décembre lors prochain, dans la Vil-le d’Orleans, hors la portée du Duc Charles & a u milieu des plus fideles Vassaux de faDuché de France. Ce fut là que de ì’avis unanime de l’Assemblée, la Couronne futdeferée au jeune Robert, fils unique de Hugues, & qu’il reçut la consécration solemnel-le du Sacre, ie premier jour de l’année 988 -, mais il ne faut pas croire que les Seigneursde Languedoc ou de Gascogne, d’Auvergne, de Poitou, de Bretagne, de Flandres, oumême de Picardie & de Champagne s’y trouvassent : tout ce que l’on peut présumer estqu’il en vint quelques-uns de Bourgogne, de Berry, du Nivernois, Gastinoi? & du restede la Duché de France, peut-être aussi de Normandie, à cause' de l’Alliance du Ducavec la Maison Capétienne ; la preuve en est constante par la suite de l’Histoire, &même par l’inféodation qui s’y fit de la Dignité de Sénéchal à Geoffroi Grisegonette,

Comte d’Anjou, ce qui fait connoître que c’est vraisemblablement le plus Grand Sei-gneur qui s’y fut présenté, quoiqu'il y ait à douter si cet Emploi, affecté auparavant auVermandois par rapport à la Couronne, n’étoit pas pour la Duché de France plutôt quepour le Royaume entier; mais je dois remarquer ici qu’il étoit de l’intérêt des nouveauxRois de confondre l’un avec l’autre, pour rendre leur droit moins aisé à démêler, &c’est aussi ce qu’ils firent dans la fuite très-habilement,

Au surplus, après que Charles Duc de Lorraine eut long tems délibéré, il assemblaune Armée pour entrer dans le Royaume, où toutefois il étoit plus connu & encoremoins aimé, depuis qu’il fembloit avoir abdiqué la France pour fe donner aux Alle-mands. Les principaux amis qu’il avoit à fa portée étoient Arnoul, Comte de Flandres,toujours fidele à la Maison de Charlemagne, parce qu’il en sortoit lui-même, & Her-bert, Comte de Vermandois, dont Charles avoit épousé la fille, mais malhûreusement lepremier vint à mourir, & le second, trop à portée à la vangeance de Hugues, n’osa sedéclarer aussi hautement qu’il l’auroit dû faire ; cependant Charles entra par ses Terres,

& ayant lié une intelligence dans la Ville de Laon, il s’en rendit maître par surprise, &se saisit de l’Evêque Ascelin qu’il retint prisonnier. Hugues ne manqua pas de faireproceder selon les Canons Ecclésiastiques contre Charles, au sujet de cette détention, &Mezerai dit qu’il le fit excommunier : incident très-préjudiciable, puis qu’il étoit alorscensé déchu de tous ses droits ; cependant il ne meritoit gueres de l’être, puis que Asce-lin, loin de se plaindre de ft prison, devint Ministre & Favori de Charles ; d’autre partHugues n’étant pas de trempe à laisser prendre un pié dans le Royaume à son ennemi, levint assiéger avec une grande Armée; mais comme la Place n’étoit pas ailée à emporter,il y passa deux mois à faire différentes attaques inutiles ; au bout desquelles Charles fitune sortie si à propos qu’il mit le feu au Camp de Hugues & tailla en pièces la moitiéde son Armée. Cette perte ayant obligé Hugues de se retirer, Charles poursuivit sa

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