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Tome premier.
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Mémoires Historiques. i8í

souvent produit des guerres entr’eux & leurs voisins : on voit de plus, que malgré leur Huguesattachement pour les Rois Carliens, ceux-ci les ont chicanez fur la propriété de certaines -^y\jTerres, fans contester toutefois celles qu’ils avoient de surplus. L’on voit pareillementque les Comtes de Flandre avoient établi dans le Païs des féodalitez subordonnées qui serapportoient à eux, comme eux-mêmes la rendoient au Roi ; & t els ont été les établif-femens des Comtes de *Ghînes, de Boulogne, de S. Pol ou Therouenne, des Seigneurs Gui-de Montreuil, de Lille, &c ; furquoi je crois qu’il est à propos de remarquer qu’en ori-gine la Comté de Chines précéda les autres, comme ausiì en aînesse, puis que Boulogne& S. Pol sont sortis de la Tige de Chines. Le reste de la Picardie étoit partagée entreles Comtes de Vermandois & de Ponthieu, le premier possédé par les Defcendans deBernard Roi d’Italie, & le second par Guillaume, créature de Louis d’Outremer, dontdeux enfans furent faits Comtes de Boulogne & de Therouenne, par la faveur du RoiLothaire, mais leur Postérité s’éteignit en une fille qui s’allia dans la Maison de Chines&t y porta les mêmes Terres. Quant au Ponthieu proprement dit, il pasia bien-tôt àdes Normands du nom de Talvas ou de Montgommery, lesquels réunirent la Seigneu-rie de Montreuil,' malgré l’opposition des Flamands. Quant au Vermandois, dont l’éx-tinction embrassoit la plus. grande partie de la Champagne & de l’Isie de France, il futdémembré à diverses fois* prémierement par le partage des Comtes de Senlis aînez, quiayant eu plus de modération que leurs Collatéraux, firent aussi une moindre fortune ;secondement, par celui des enfans de Herbert III, en conséquence duquel Ludgarde,femme de Thibault le Trichard, emporta le Beauvoisis & plusieurs Terres en Cham-pagne & dans l’Ifle de France, entr’autres celles de Coucy, qui fut l’occasion de la que-relle d’entre la Maison de Blois & les Archevêques de Rheims ; ainsi il ne restoit auxRois dans cette Province que les Villes de Laon, Solfions & la Fere ; ils avoient ausiìquelques droits fur la Ville d’Amiens, mais les Evêques, & en fuite leurs Vidames, s’enrendirent les Maîtres, depuis que cette.Place eut été inféodée à Herbuïn de Montreuilpar le Roi Louis d’Outremer. La Champagne étoit presque toute occupée par la Mai-son de Vermandois qui possédoit aussi la Trie en entier ; Robert, fils puifné de Her-bert III, prit le premier titre de Comte de Troyes, comme nous l’avor.s vû ci-devant ;son frere Herbert lui succédai, & après lui son fils Etienne, qui étant venu à mourir fansenfans donna fa Succession à Eudes, surnommé le Champenois, petit-fils de Thibault leTrichard, & de Leudgrave de Vermandois. De lui font sortis les Comtes de Cham-pagne jufqu’à la Reine Jeanne, femme de Philippe le Bel ; le reste de la Province étoitpossédé par les Eglises de Rheims, de Sens & de Châlons fur Marne, & par les Comtesparticuliers de la Ville de Sens, qui étoient très-puissans, mais qui s’éteignirent sous leRoi Robert, par une confiscation qui peut être regardée comme la premiere arrivée sou Sla troisième Race.

La Bourgogne d’en deça la Saonne appartenoit depuis long tems à la Maison Capé-tienne, soit à la Branche des Comtes d’Authun, soit à celle des Marquis de France, &nous avons vû en particulier l’inféodation qui en fut faite à Hugues le Blanc, commeausiì de quelle maniéré elle devint le partage de l’un de ses enfans ; ainsi Hugues Capetn y possédoit que 1 hommage. Quant à la partie d’outre la Saonne, on sçait quelle étoitcelle du Royaume de Bourgogne, sur lequel il ne restoit plus de droits aux Rois deFrance, mais elle étoit partagée en divers Comtes qui font renommez dans l’Histoire,tels que ceux de Maçon, d’Auxonne & de Châlons : la Maison de Vergi issue des Comtesd’Authun, avoit de grands établissemens dans la haute Bourgogne, mais elle en faisoithommage aux Ducs François ; au reste les Comtez de Nevers & d’Auxerre avoient leursSeigneurs particuliers long tems avant Capet, & l’on peut asseurer que les premiersétoient issus des Ducs d’Aquitaine. La Duché de France qui comprenois, outre lesTilles de Paris & d’Orléans, les Comtez de Gastinois & de Chartres, du Perche, de£sois, de Tours, d’Anjou & de Maine, avec les Terres de Sologne faisant partie d e

M m m l’Orleanois,