$6 Etat de la France.
Paris. L’Eíection de CouJommiers est: fore inégale, tant par les Montagnes dont elle est rettt-plie, que par la qualité de la Terre. Cependant il y en a plus de bonnes que d’autres,îes labeurs font bien cultivez & valent jusqu’à 71. l’arpent : on y recueille environ 2000muids de vin, qui valent dans le Païs environ 20 ou 24 1 . le muid ; il y a auffi beaucoupd’estangs dont le poisson se debite à Paris.
L’Eiection de Provins est un Païs assez uni, où l'on recueille des grains de toutesespeces ; les bonnes Terres y valent 4 à 5 1 . il s’y fait aussi csu vin ; mais il a toujoursla qualité de vin de Brie qui n’est propre qu’aux gens du Païs.
^ L'Electioii de Nogent tire un revenu principal des prairies, les labeurs valent 3 1 . l’ar-pent-, celui des prairies, s’afferme ordinairement 25 1. & rapporte depuis 200 jusqu’à 400bottes de foin du poids de 101.
Dans l’Election de Montereau les Terres d’entre la Seine& 1 ’ Yonne font unies, maislegeres & sablonneuses, & valent jufqu’à 5 1 . l’arpent; les bords des deux Rivières fontoccupez par de bonnes prairies où l’on fait des engrais ou nourritures de bétail, qui feconsomment à Paris.
Les Terres de l’Election de Sens font assez bonnes à la réservé des collines quis’ele-levent à la distance d’Yonne : Le Gatinois est beaucoup plus froid, les Fermages s’ypayent partie en grains & partie en argent.
L’Election de Joigny rapporte principalement des grains, les bonnes Terres y valent5 1. l’arpent, il y croît auffi du vin, dont le pris va quelquefois jusqu’à 401. & enfinil y a de bonnes prairies fur le bord de la Riviere'd’Yonne & de divers ruisseaux quila coupent.
La quantité de l’Election de S. Florentin monte à 12000 l’arpent, il y en a 7000,en labeurs, & iooù en prairies, autant en vignes ; 6000 en bois ; le reste en jardins,en chenevieres & en terres vagues & vaines; les bonnes terres y valent jusqu’à 71. l’ar-pent ; on y fait par tout des nourritures de poulains, qui seroient très-avantageuscs auPaïs, qui (Bailleurs n’a point de Commerce, fi on ne le traverfoit pas par les saisies quis’y font continuellement pour les deniers du Roi.
Le Terroir de l’Election de Tonnere est presque tout planté en vignes, on y recueilleordinairement depuis 40 jusqu’à 43000 muids de vin qui valent depuis 30 jusqu’à 451.il y a auffi des Terres à bled & de toutes fortes d’arbres fruitiers, mais très-peu de pâ-turage.
Enfin l’Election de Vezelay, qui/eít jla derniere, se divise en Terres de bon Païs &Terres de Morvant, les premieres portent les grains en la maniéré ordinaire, mais lesautres qui font les deux tiers au total, ne sc labourent que tous les sept ans, & font pro-prement des Landes ou Bruyères; il y a des Terres pierreuses, où l’on en trouve deplattes qui servent à couvrir les maisons : en général cette Election est très-pauvre, quoiqu’on peut y faire des nourritures, à cause de la quantité des terres vagues.
L’Auteur fait succéder à ce détail un dénombrement de tous les bois de la Généra-lité, il dit que les anciens Rois négligèrent cette partie des fruits de la terre, parce qu’ily avoit trop de bois, mais que quand le peuple est venu à s’augmenter, on en a tantdéfriché que Philippe Auguste fe trouva obligé d’y cîonner son attention pour ce qui enrestoit ; Philippe, fils de S. Louis, & Charles VI. firent des Ordonnances à ce sujet,mais la plus parfaite de toutes, & qui conferveroit merveilleusement les hauts bois st elseétoit éxécutée, est celle de Charles IX. du mois d’Août, 1573 : Elle fut rendue fur l’a-vis du Parlement, & porte que les bois de haute fûtaye, appartenans au Roi, ne pour-roient être coupez avant l’âge de cent ans; que les lieux dont les bois auront été abbat-tus seront labourez, semez de glands & clos de fossez pour leur scureté ; que les besti-aux n y pourront entrer qu’ils n’ayent vingt ans, & enjoint aux Officiers d’y tenir lamain.
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