Etat de la Frangé. 6f
Gibannes, lesquels remontent de la Mer, de S. Valéry & d’Abbeville, & qui apportent Pîcar-les Marchandises étrangères ; cette Riviere n’a que 25 lieues de cours navigable ; on a DIE -essayé d’en augmenter la navigation jusqu’à Ancre, mais fans succès, à cause des maraisoù elle se répend ; & même l’utilité de ces travaux seroit peu considérable ; il y en ad-roit beaucoup plus à la joindre à la Riviere d'Oise, ce qui seroit aisé par le moyen despetites Rivières qui se trouvent être deux, depuis Moreuil passant par Montdidier, leBac, Bussy & Noyon : il y auroit même une autre conduite à choisir, en passant deMontreuil à Roye, de Roye à Noyon ; cette entreprise ne coûteroit pas plus de 200000 1 .la Riviere de Somme est par tout très-profonde, & n’est gayable qu’à un seul endroit,entre Abbeville & S. Valéry, qu’on nomme la Blanquelange ; ce fut en cet endroitqu’Edouard III, Roi d’Angleterre, la passa au mois d’Août 1346, pour aller loger àCressy, où se donna la célébré Bataille où les forces de la France reçûrent un si grandéchec.
Les autres Rivières de la Province font celles d’Avignon, d’Ëures, d’Aureigues, laLule, qui se jettent dans la Somme ; l’Aire, l’Arroude & le Mans, qui se jettent dansl’Oise, le Bresie ou la Riviere de Senarpont, qui se jette aussi dans la Mer, à la Villed’Eu : L’Auty, qui se jette dans la Mer, venant d’auprès de Doulens, & la Canche,quipasse à Hesdin en Artois & à Montreuil, & se jette dans la Mer à Etaples : il y a 20 ansqu’on fit des travaux considérables pour rendre cette derniere navigable jusqu’à Hesdin,mais fans aucun succès, par la faute des Entrepreneurs, il y a quatre petites Rivièresdans le Boulonnois, dont celle de Lianne pourroit être rendue propre à la navigationjusqu’à Wervennes, au grand profit du Roi par le débit de ses Forêts. Le Gouverne-ment de Calais est coupé de plusieurs Canaux, tant pour l’écoulement des eaux que pourle Commerce, il y en a deux principaux, par où l’on communique avec Dunkerque &
S. Orner, & jusques dans la Flandre Espagnole ; les autres sont-pour la Ville d’Ardres,le Bourg de Guisnes & les Villages de Bas-païs.
Le terrain de la Province est par tout éxtremement uni, il ne se trouve des hauteurs Terroir.que rarement aux bords des Rivières ; les grains de toutes espeees y viennent en abon-dance, il y a peu de fruits & de legumes, si ce n’est aux environs d’A miens & dans l’E-Jection de Montdidier ; l’on recueille auífi des lins, de la navette, du chanvre & du hou-blon ; les pâturages y font rares, & il ne s’en trouve que dans le Boulonnois, où il sefait débit de beurre qui se consume dans I*Artois, 6e où l’on éleve des chevaux & du bé-tail qui se tire vers la Normandie ; le Climat est plus froid que temperé, fur tout au voi-sinage de la Mer, où les vents & les brouillards règnent une partie de l’année.
On a découvert, depuis 5 ans, une Mine de charbon proche de Boulogne au Village uìms.d’Argdenhem ; le Duc d’Aumont a eu une permission du Roi éxclusive, d’y faire tra-vailler, en dédommageant les Propriétaires ; le Marquis de Tagny en a eu une pareillepour le terroir de Rety ; ils en ont fait tirer l’un & l’autre une grande quantité, mais ilne se trouve pas si bon que celui de Hainault & d’Angleterre ; on volt que c’est par lafaute ou l’ignorance des travailleurs, qui cherchent le plutôt fait & ne connoiffent pointles bonnes veines ; il est certain qu’on trouve roi t ailleurs de pareilles ou de meilleuresMines, mais les Propriétaires qui ne peuvent esperer qu’un leger dédommagement nes’empressent point de faire des découvertes. II y a aussi des Mines de Fer par tout leBoulonnois, mais le manque de bois les rend inutiles : on y en pourroit aussi trouver dePlomb & d’Etain, si quelqu’un se trouvoit en état de faire de la dépense.
Les pierres de Sinkal font assez communes dans le Boulonnois, on s’en sert aux fortifi-cations tant pour les graisseries que pour les revêtissemens ; cette pierre est susceptiblede tous les ornemens d’Architecture : on trouve aussi à Marquise dans le Boulonnois unekspece de Marbre gris, assez beau, & qui le seroit davantage, si la Carrière étoit pluscreuzée, le débit seroit aisé puis que Marquise n’est qu’à une lieue d’Ambleteuse sur laMer ; il y a dans l’Election de Montdidier au Village de Mortemer une Carrière, d’où
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