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Picar-
die.
I/VNJ
Cardîleredes Ven-fles.
Coutumes .
Etat de la France.
l’on tire des pavez d’Eglise & de Sale, qui sont assez beaux & dont il se fait beaucoupde débit.
Le Caractère principal des Peuples de cette Province est d’une part la lenteur, l’ssi-action, l’indissérence, & de l’autre la fidélité, la droiture & la brusquerie ; ils sonttous peu susceptibles d’inquiétude pour acquérir des biens & des honneurs au dessus deleur naissance, ils se contentent d’une posseífion paisible du peu de bien de leurs peres,& le ménagent avec œconomie : ils soutiendraient leurs familles ordinairement nom-breuses, mais les impositions les réveillent & les rendent plus attentifs au gain, ils nefont labourieux que quand ils font pressez, on a peine à trouver des Ouvriers parmieux, lors que le bled est à bon marché, & que les moissons font abondantes -, contensde vivre au jour la journée ; ils font ordinairement pleins de bon sens, mais nullementvifs, ni subtils, quoi qu’ils sçachent d’ailleurs aller à leurs fins ; les insinuations ont peud’accès auprès d’eux, ils vivent fans liaison les uns avec les autres, & aussi fans inimi-tiez ; difficiles à redonner leur cœur quand il s’est une fois éloigné. La Noblesse faitparmi eux une profession plus particulière de bonne foi & d’honneur, & ces sentimens,secondez d’une bonne Education, ont produit d’éxcellens personnages : Cette Noblessese jette ordinairement dans le service, & il est rare qu’un Gentilhomme n’ait fait aumoins quelques Campagnes; les Picards font bons soldats, tant parce qu’ils font accou-tumez à une vie dure que parce que leur naturel les porte aux Armes.
Us font régis par des Coutumes différentes ; celle du baillage d’Amiens, qui comprendles Prévôtez d'Amiens, Fouilloy, Beauquesne, Doulens, S. Riquier, Montreuil, Vi-meure, le Beauvoify, & les Baillages d’Ardres & de Guîsnes, donne en Succession di-recte à l’aîné ou l’aînée des enfans nobles, ou roturiers, les quatre quints des fiefs -, l’au-tre quint aux Cadets -, les autres biens meubles & immeubles fe partagent également.Les Coutumes de Peronne, Montdidier & Roye font pareilles, éxcepté que lespuisneznobles n’ont qu’un quint viager dans les fiefs, mais les puissiez roturiers y ont la moi-tié ; s’ils font plusieurs & s’il n’y ; en a qu’un, ils ont le tiers : les puissiez succèdent lesuns aux autres dans ces Coutumes, à l’éxclufion de l’aîné, qui n’est jamais admis à par-tager le quint, tant qu’il y a des Cadets : lorsquelepuisné succédé à son aîné, il gar-de sa part dans le quint à la Coutume d’Amiens ; mais en celle de Montdidier elle ac-croît à ses Cadets ; en Succession collatérale, l’aîné est seul heritier aux fiefs. La Cou-tume de S. Quentin est semblable à celle de Peronne pour les roturiers ; mais à l’égarddes Nobles, les Cadets n’ont qu’un quint viager dans les fiefs ; partageant les autres bienségalement : il n’y a point de droit d’aînesse collatérale. La Coutume de Ponthieu nedonne aux Cadets qu’un quint viager dans les biens paternels & maternels de quelquenature qu’ils soient ; mais elle promet aux peres & meres de disposer de leurs meublesacquêts, & du quint des propres, en faveur des Cadets : en collatérale l’aîné est seul hé-ritier. Dans le Boulonnois les puissiez des Nobles & roturiers n’ont qu’un quint hé-réditaire dans les fiefs, mais ils partagent également avec l’aîné les acquêts roturiers &les meubles -, le pere peut disposer du quint, comme dans la Coutume de Ponthieu &même du revenu de trois ans de ses biens féodaux ; l’aîné est seul héritier collatéral, horsles Successions des freres & sœurs, dont les meubles & acquêts se partagent également.Dans les Coutumes d’Amiens, de Peronne, Montdidier, Roye & S. Quentin, la repré-sentation en ligne directe au lieu de l’infini & en collatérale jusqu’aux enfans des frètesLc sœurs inclusivement. Dans les Coutumes du Ponthieu & du Boulonnois, la repré-sentation n’a lieu, ni en ligne directe, ni en collatérale, avec cette différence, àl’égaiddu Boulonnois, que l’aîné des petits enfans, dont le pere est mort fans laisser ni sieresni sœurs, succédé a tous les biens de l’ayeul, à l’éxclufion de ses freres & sœurs.
La Picardie fe trouvant dans le voisinage du païs que les François occupèrent d’a-bord çn deçà du Rhin & de la Meuze par la concession des Empereurs Romains fut
aussi
Histoire.