Etat de la France. 9
& enfin celles du Vivarais font mêlées de vallons très fertiles. Ces Provinces font auífi mê-L y o fi-lées de plaines : celle du Forest est la plus grande de toutes, aiant neuf lieues de longueur fur noi s.quatre de large. La Loire la traverse toute entiere 6c elle est ceinte de montagnes de toutes sesPlainei,parts, au contraire du Beaujolois dont les plaines font aux deux extrémitez fur la Saône 6c laLoire ; le milieu du Pais étant rempli des montagnes dont on vient de parler. II n’y a pref - Sci Fmt: 'que point de Forest dans ces Provinces, si l'on excepte celle de Pramenon dans le Beaujolois,qui produit environ 40001. de revenu au propriétaire, en planches de sapin 6c bois à bâ-tir : il y a auífi des sapins fur le Mont Pila, dont on s’est servi quelque fois pour la Marine,mais dans le Forest le Roi n’a pas assez de bois pour les mettre en coupe reglée. Ceuxque l’on a échangés contre le Duc de la Feuillade font grands, mais comme ils font éloignezdu Commerce 6c des Rivières, ils font absolument fans débit 6c ne rapportent qu’un très legerprofit.
En général le Terrain des trois Provinces n’est pas bon, si ce n’est au voisinage des grandes Son P? t-Rivières Saône 6c Loire : les montagnes du Beaujolois font toutes incultes & si arides qu’elles dnli%ne fervent pas même à pâturer les bestiaux : la bonté 6t l’éxcellence de la terre ne se trouvequ’aux environs de Ville-franche, où l’on dit en proverbe, que la lieue de Danu, dernierBourg du Lyonnois, à Ville-franche, Capitale du Beaujolois, est la meilleure du Royaume.
On y recueille des bleds en quantité, des íourages 6c des chanvres, si fins, qu’on ne les em-ploie point à la Marine, tant à ca. ê de leur prix, que par l’uíàge qu’en font les Habitans, deles convertir en toiles qui ont beaucoup de réputation St de débit. Le plus grand produit duLyonnois est en vin ; celui de Côte-rotie qui croit fur le côté occidental du Rhône se trans-porte jusqu’ à Paris 6c dans les Pais étrangers j le vignoble de Condrieux excelle en vinsblancs, mais tout ce terrain ne rapporte point de bled, Sc on ne subsiste dans le Pais, que decelui de Bresse ou de Bourgogne, qui passe jusqu’ à la Ville de St. Etienne de Forest, carquoique la plaine de la même Province en rapporte considérablement, comme une grandepartie est terre legere 6c fabloneufe, cette quantité ne suffit pas à la consommation qui se faitdans le Pais même. On recueille auífi des chanvres dans cette plaine dont la Marine du Po-nant tire jufqu’à mille quintaux, mais cette récolté a son incommodité, car la neceflìté de lafaire rouir, fait que toutes les rivières Sc les étangs sont infectez pendant les mois de Juillet,
Aoust Sc Septembre, ce qui forme des maladies ordinaires tous les ans, qui font périr bien duinonde, de ceux même les plus accoutumez à l’air du Pais. Ses coteaux du côté de Rouan-ne font couverts de vignobles, qui rapportent des vins d’autant meilleurs, qu’ils ont leur dé-bit à Paris par la Loire, mais ceux de Raine-zon ont plus de réputation 6c de qualité. Les p muresmontagnes qui joignent l’Auvergne font bien cultivées, jufqu’à une médiocre hauteur -, au de-là elles sont incultes 6c inhabitées, si ce n’est en Eté que l’on y conduit des bestiaux. Cellesdu côté du Vivarais produisent abondamment des châtaignes que l’on connoit à Paris chutaig.fous le nom de marons de Lyon. 11 y a quelques mines dans le Pais, mais aucune n’est tra- ”sel minesvaillée, soit que les conditions fous lesquelles on accorde au Conseil la permiífion d’en tirerle metail íòient trop onéreuses ; soit qu’en effet ces mines ne soient pas assez riches pour paierla peine des Entrepreneurs. On asseure qu’il y a une mine de plomb à St. Martin la Plaineen Lyonnois, laquelle est mêlée d’or : l’Auteur en a vû qui en venoit, mais il est de si bastitre, qu’il ne paieroit pas les frais. II y a une mine de vitriol à Cheissy, 6c un ruisseaudont les eaux ont la propriété de convertir le fer en cuivre. On ne fauroit douter qu’il n’yait eu des mines considérables dans le Beaujolois, puisque les titres du Trésor de Ville-franchefont preuve que les Anciens Seigneurs de la Province avoient des Officiers sous le titre deGardes des mines. II y en avoit de plomb 6c d’argent dans le voisinage de Tarare, mais de-puis que la découverte des Indes a rendu l’argent commun, le travail des petites mines a cessépresque par tout, si ce n ’ e st en Hongrie, Suede Sc Angleterre, parce qu’en effet les eípecesnous viennent a bien meilleur marché par le Commerce 5 qu’elles ne feroient par se travaildes mines. II y en a une de couperose dans la montagne de Vautorte, que l’on a abandon-uée depuis peu à cause de 1a rareté du bois qui étoit nécessaire pour les travailler. La mine1 de