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Etat de la France.
D a u- huitième partie depuis les mortalités qui ont suivi la famine de 1693 & depuis la révocationphi ne. deî’Editde Nantes, qui a obligé plusieurs Huguenots à se retirer 5 ce sont les deux causes"principales de cette diminution fans exclusion toutefois de la Milice, des engageinens forcezHuguenots. & de la mifere generale. On comptoir dans l’Election de Grenoble 6071 Huguenots, il s ’enest absenté zozy ; dans l’Election de Vienne 147, dont 73- ont passé aux Pais étrangers ;dans l’Election de Roman 721, dont 333 ont dcserté ; dans l’Election de Valence 4229,dont il y en a 617 déserteurs ; dans celle de Gap recette de Briançon r 1296 dont 3782 ontabandonné ; dans la même Election recette de Gap i zoo, dont 744 ont quitté la Province,8c enfin dans l’Election de Montelimart 15*5*80, dont il en est sorti 2716, deforte que la Pro-vince entiere, lors des concussions, contenoit 39244 Huguenots, dont il en est sorti du Roy-aume 10290 : partant il y restoit 2893*4 nouveaux convertis, desquels il est mort la meilleurepartie depuis Tannée de leur changement.
Villes p r m- De Dauphine contient dix Villes principales & plusieurs Bourgs, les premières font Gre-cipales. noble Capitale, Vienne, Romans, Valence, Montelimart, Crest, Dye, Gap, Ambrun &■Bourgs, Briançon. Les Bourgs principaux font la côte St. André, St. Saphorin, Doyon, Bourgouin,Cremieu, Cyrieu, la Tour du Pin, St. Jean de Boumay, Voiron, la Mure, ancienne rési-dence des Dauphins, Menel, Tullins, Moirans, St. Marcellin, Moras, Beaurepaire, St.Vallier,Tain, Lorìol, Pierrelate, St. Paul-trois-chateaux, Nions le buis, Dieu-lefit, Chabeuel, Etoille,Saillans, Veines, Guillestre & le Bourg d’Oysans. Le détail des unes & des autres se trouveraci-après dans les articles des dissidentes Elections où ils font compris. L’Auteur ne s’étantpoint attaché dans son Mémoire à traiter les matières par raison de connexité, mais les donnant
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routes,
toutes séparément Sc fans relation des unes aux autres, j’ai cru devoir rétablir ce désordre au-tant qu’il feroit possible, c’est pourquoi je fais succéder à l’énumeration des lieux considérablesde la Province ce qu’il dit ailleurs des Ponts, des chemins, des foires & marchés, des routesdes Troupes 8c des étapes, dont le détail fera connoitre la liaison de ces différentes parties. Laplus grande route du Dauphine est celle qui le cotoye le long du Rhône, en allant de LyonCh Trandes en Provence, passant par St. Saphorin, par Vienne, par St. Vallier, psu-Tain, par le port deL. la Roche, où l’on traverse l’Ifere qui est quelque fois si débordée, qu’on ne la passe qu’avccpéril, par Valence, par Livron, par le Port de 1 a Dromme, trcs-dissicile à passer, quand ] eseaux font grosses, par Loriol, Montelimart, Douzere 8c Pierrelate, où les routes du Langue-doc 8c de Provence fe séparent -, la premiere traversant le Rhône sur le Pont du St. Esprit ;Lc la seconde continuant vers Avignon à travers les terres du Comtat 8c de la Principautéd’Orange. La seconde route considérable est celle de Lyon à Grenoble, passimt par CyrieuArtas 8c Moirans. La troisième de Lyon à Chambery, passant par Verpilliere, Bourgoin 8cle Pont Beavoisins. La quatrième de Grenoble à Chambery par Crosle, Barreaux Sc Chapuiblan. La cinquième 8c derniere de Grenoble à Valence par Moirans, St. Marcellins 8c Romans.L’Auteur assure que toutes ces routes font fort bien entretenues au moyen des fonds qui sontemployez tous les ans à leur réparations, de sorte que les carosies 8c les chaises y peuvent pas-ser commodément ainsi que les charroirs. II n’en est pas de même de la route de Grenobleà Gap, Ambrun, Briançon, Pignerol, ou Suze, d’où l’on entre dans la plaine du Piedmont 8cde celle qui coupe droit de Grenoble à Briançon en passant par le Bourg d’Oylâns. Ceschemins n’avoient été pratiquables dans les tems précédens qu’aux gens de pied 8c tout au plusqu’aux mulets de charge ; mais pendant la premiere guerre de Savoye l’on obligea les Com-munautés voisines d’y travailler, ce qu’elles ont fait, de forte qu’avec peu de depenfe pour leRoi, l’on y trainoit non seulement du'canon 8c toutes sortes d’équipages d’artillerie, mais queles chariots des vivres y passoient commodément : toutefois comme les réparations ont discon-tinué aussitôt que la paix de Savoye a été faite, ccs routes fe trouvoient retombées en leur an-cien état, quand l’Auteur a écrit son Mémoire ; mais il est à présumer que la guerre ayantrecommencé prefqu’ aussitôt, la nécessité des transports de vivres 8c de canon a obligé d’y faireles réparations neceííàires. L’auteur ajoute qu’il n’y a point d'ouvrage plus nécessaire à j aProvince que celui d’établir solidement 1 a route de Grenoble à Pignerol, passant par Oyfans &Briançon, quoique la depenfe en puisse monter à deux millions : il assure que toutes les autres
routes.