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44 6 Etat de la France.
Pro- qui en valent au moins I z de France; cette terre, outre les bleds qu’elle donne, nourrit unevence. quantité infinie de bétail gros 8c menu. La Campagne qui eiì à l’Orient du Rhône, que' v l'on nomme vulgairement la Crau, quoi qu’elle ne paroisse qu'un vaste champ inculte, rem-pli de gros cailloux, produit néanmoins une herbe merveilleuse pour lés bestiaux, & particu-lièrement pour les montons, qui en peu de teins y deviennent meilleurs qu’en aucun lieu dumonde. Les plaines de Senas & Mallemort, Orgon 8c Ardagne au nord de la Crau, rappor-tent auífi quantité de bleds ; celles qui règnent depuis Aix jusqu’à Marseille 8c de là à Hieres,Frejus, Antibes 8c jusques à la Rivière de Var, font couvertes d’Orangers, Citronniers, Gre-nadiers, Oliviers, Figuiers 8c remplies des plus beaux Vignobles du monde, il y croit mêmesdes Palmiers qui portent d’aussi bon Fruit qu’en Afrique. Les vins que l’on recueuille dans laCrau, font les meilleurs de la Province : il y croit méme de la graine d’Ecarlate, qui étoit ci-devant une récolté précieuse, avant que les marchands se fussent entêtez de la Cochenille qu’ijssont obligez d’aller chercher bien loin avec des périls infinis, 8c au mépris, des biens dont laProvidence leur a été si libérale en ces lieux.
Les villes principales de Provence sont Aix, Capitale; Marseille, dont les huiles sont sises rdles. considérables; Arles, Tarascon, Riez, Grasse, Glandeve, Vence, Sisteron, Brignoles, St.
Tropez, Saulon, St. Maximin, Draguignan, Forcalquier, Valemoíle, Permis, le Pui, 8tc.Haute Pro- La haute Provence n’a pas de moindres avantages ; car quoi que le froid rigoureux que les■vence. montagnes y procurent, à cause des neiges qu’ elles y conservent une grande partie de l’année,en exclud les Vignes 8c les Oliviers; il y croit une quantité de bleds suffisante, beaucoup defruits d’hiver, pommes, poires, châtaignes, &c. Mais la nourriture du bétail y procure unprofit continuel, soit par la graisse des vieilles bêtes 8c les élévations des jeunes, soit par letrafic des fromages de brebis 8c de chevres, qui de tout tems a fait le plus considérable tra-fic du pays, ainsi que Pline le remarque.
lu Bois. Les bois sont rares dans l’une 8c dans l’autre partie de la Provence, on y trouve néanmoinsquelques Forêts, telle est celle de Lesterel, qui occupe une longueur de deux lieues 8c quicouvre une Montagne, autrefois très redoutée pour les vols 8c les meurtres que l’on y com-mettoit, on en a aujourd’hui élargi les chemins pour les rendre plus sûrs, 8c l a bonne policeque l’on observe dans tout le département, en a chassé ses bandits, malgré la proximité de laguerre; la Forest qui couvre la montagne de la S te - Beaume a de fort beaux arbres, celle deFlassiiu dépendante de la comté de Garces, qui appartient’au Marquis de Gordes, en avoitautrefois de si beaux que le Roi en a acheté pour ioooool. qui ont été employez à la Ma-rine- on trouve encore des bois le long de la Riviere du Var, 8c parmi eux de si beaux ar-bres, que l’on en a pris quantité pour la matière des vaisseaux du Roi, il a falu employer unart singulier pour les faire descendre des montagnes où ils croissent, fans les briser, mais fau-teur ne s’en explique qu’en disant qu’on les fàisoit rouler 8c qu’il y avoit grand nombre debœufs qui apparemment étoient employez à les soutenir dans leur chute.
Autre de- L'Auteur reprend ensuite sa description des plaines de la Provence, ajoutant à celles de lat ail des c amar q Uej 8c de la Crau, le détail d’un canal tiré de la Durance, il y a I yo ans, qui fertiliséPlaines. ^ ues endroits de ce dernier Canton; il dit encore que depuis Arles jusqu’à Tarascon,d’uncôté, 8c à St. Maximin de l’autre, il y a des plaines qui produisent quantité de bleds, maisque celle qui est plus proche de St. Maximin rapporte le plus excellent, à la différence de laplaine de Fréjus, qui étant un terrain sablonneux, n’est pas si propre au froment, outre queles vents perpétuels qui y règnent, emplissent les épies d’un fable leger qui ne se détache ja-mais du grain, ensorte que le pain qu’on en fait croque toujours fous les dents, la derniereplaine dont parle l’Auteur est celle de Pertuis qui a pris son nom de la Ville de même nom, ellea 4, ou y lieues d’étenduë depuis Cavaillon, jusqu’à la Tour des glaces.
Des Mon. Cette plaine est séparée du Comtat par la Montagne de Letrou qui commence vers la Touruints. ^ Aiguës, elle est fort haute 8c a au moins six lieues de longueur ; la Montagne de St. Maxi-
min, est aussi fort considérable, c’est-là qu’est bâti un Couvent de Jacobins, que l’on nommela S te - Beaume, 8c c’est le lieu où l’on prétend que S te - Magdelaine a fait penitence ; prochede la Ville d’Aix il y a une autre Montagne de roche vive, qui est haute d’une lieue, 8c quiz ne