DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Lxv. III. n 9terre fut de ce nombre ; ainsi elle resta couverte du voile mys-térieux de l’énigme et du secret , jusqu’à Thilolaiis. Ce phi-losophe osa le premier la découvrir au grand jour, et c’esfipar-la qu’il mérita l’hovmeur de lui donner son nom.
On remarque, parmi ces anciens astronomes, quelque chosede fort semblable à ce que nous avons vu arriver parmi lesmodernes qui ont fait revivre leur système. Les uns seulement,frappés de ^inconvénient de faire parcourir chaque jour ausoleil et aux autres corps .célestes un espace immense , se con-tentèrent de placer la terre au centre, et de la faire mouvoirautour de son axe. 11s expliquoient par-là le mouvement diurnedes astres, mouvement qui dès-lors n’étoit qu’une. apparence ,pendant que celui du soleil dans i’ccliptiqne étoit réel. Ce senti-ment eut quantité de partisans. II est attribué par P lu turque (i)à Heraclide de Pont, à Hep hante, à Séleucus d’Eritlirée ,auteur d une explication du flux et du reflux, assez analogue àcelle de Dcscartes. Cicéron (2), fondé sur le témoignage deThéophrastc , parle aussi d’un certain Nicetas ou Hicclas deSyracuse, qui adopta cette manière de penser. D’autres plus har-dis encore , donnèrent à la terre, non-seulement ce mouve-ment de rotation autour de son axe, mais encore un mouve-ment progressif autour du soleil. Tels furent Thilolaiis de Cro-tone (ó) , d relût as et Tintée de Locres ( 4 ) » et dans des tempspostérieurs le fameux d ria t arque de Lan, os (5). Ce systèmefut aussi adopté par Platon dans sa vieillesse. II se repentitalors , dit Vlutarque (6) , sur le rapport de Théophraste , d’avoirdor né à la terre une place qui ne lui convonoit pas , en lamettant au centre de P univers dans ses premiers écrits. L’an-torité de Théophraste doit être ici d’nn grand poids ; car ilavoit écrit une histoire de l’aslronouiie , dont la perte ne sau-roit être assez regrettée.
Le mouvement de la terre autour du soleil n'est qu’unebranche particulière du vrai système de 1-univers , mais elle esttellement liée avec le reste de ce système, que quoique nousn’en retrouvions pas des traces bien marquées dans PéculeFvthagoiicienne, on est fondé à croire que ce fut celui qu’elleadopta. Lu effet, puisqu’on y faisoit tourner la terre autourdu soleil placé au centre, il falloit nécessairement qn’on y mîtles autres planètes-en mouvement autour de lui. C’est ce qu’aurapport de quelques-uns, elle voulut exprimer par le symbole
Ci) Do Placit. PLil. I. 3 , c. 13,17. (L ^bit. in Numa.
(z) (Jiuii st. Acad. I. 4 , §. 39. ( 5 ) Archi:n. in Arcrtar.
(3) Diog. in Philol. Plut. de Placit. (6) Quaest. Plat. y.
Phìl. 1. 3 , c. 13.