H I S T O I
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X I.
Il sortit de l’école de JPythagore un grand nombre de phi-losophes et de mathématiciens célèbres , dont je dois faire icimention. Un des plus illustres est Empédocle , dont la fabu-leuse. mort est si connue. On donne sous son nom un poèmesur la Sphère (i) , ruais ce paroît être une supposition. D’uri autrecôté , il est certain que ce philosophe avoit écrit en vers surla physique, et Aristote en cite quelques fragmens. C’est là,sans doute , qu’il appeloit les tropiques, les barrières du soleil,d’où de sots philologues ont pris occasion de lui attribuer lapensée que le soleil ne rétrogradoit aux solstices , que parcsqu’il rcncontroit des barrières 'physiques.
iJn auteur célèbre a prétendu trouver, dans quelques expres-sions de ce Pythagoricien, l’attraction Neutonienne, et la forcecentrifuge qui sc contrebalancent mutuellement, et qui entre-tiennent l’univers (i). C’est-là, dit-il, cet amour et cette discordeque célèbr eEnipédocle, et qui ter tient, f un à tout réunir, et l’aulreà tout dissiper. Mais que n’attribuera-t-on pas aux anciens , sil’on se croit fondé à interpréter ainsi des idées aussi vagues?11 me paroît plus probable, qu’il ne faut chercher, dans lesexpressions du philosophe Pythagoricien , autre chose que cettesympathie et cette antipathie , auxquelles plusieurs anciens altri-buoient la formqûon et la dissolution des corps.
Nous apprenons d 'Aristote ( 3 ) qu ’ Empédoc/e faisoit con-sister la lumière dans un écoulement continu hors du corpslumineux; et je me rappelle avoir lu, je ne sais plus dansquel commentateur, qu’il ré pou doit avec beaucoup de justesse,à une objection qu’on lui faisoit à ce sujet. Si la lumière dusoleil, disoit-on, consiste dans une émission de corpusculespartans de cet astre , nous ne le verrions jamais à sa vraie place ;car il en auroit changé dans l’intervalle de temps que le cor-puscule de lumière arriveroit à nous. Etnpëdocle , sans recourirà l’instantanéité de cette émission ou à sa prodigieuse vélo-cité , disoit que cette objection servit vraie, si le soleil lui-mêrne étoit en mouvement; mais que la terre tournant autourde soft axe , venoit au-devant du rayon , et voyoit l’astre danssa prolongation. On ne répondroit pas mieux aujourd’hui a cetteobjection , si quelqu’un la proposoit contre la propagation suc-cessive de la lumière et son émission.
(i) Bìblioth. Graeca , t. 2, p. 478. (z) De Anima , Iib. 2.
(a) M. F/eret, Mém. del’Acad. desInscript. f. 18.