DES MATHEMATIQUES. Part. I. Liv. III. içi
Nous terminerons ce qnc nous avons à dire de Démocrìte ,en lui faisant honneur de la conjecture heureuse , que l’cclatde la voie lactée n’est autre chose que la clarté réunie d unemultitude de peines étoiles, dont chacune en particulier échappeà ta vue. C’est ainsi que Macrobc ( 1 ) ct Vlutarque (v.) 1 ex-pliquent, et il est plus naturel de les en croire, lorsqu ils attri-buent à un philosophe célébré un sentiment raisonnable, qued'adopter le récit fl ’Aristote qui lui prête une opinion-tont-à-" lait ridicule, et incompatible avec les comioissances les plusélémentaires de la sphère ( 3 ).
Dans ce temps íieurissoient encore quelques mathématiciens,dont il seroit injuste d’euseveiir la mémoire dans le silence. Dece nombre est Oìnopide de .Chio, géomètre habile, suivantle témoignage de Víatojj. (4). Cela étoit probablement fondésur quelque chose de plus relevé que les deux propositions tout-à lait élémentaires qu’on lui attribue. On 11e srmroit penser quela géométrie en iïrt encore réduite à cher cher 1c moyen de faireun angle égal à un angle donné, ct d’abaiiser d’un point mieperpendiculaire sur une ligne. En effet, un contemporain d’OA-•iK.pide , nommé Zénodore , s’occupa dc choses plus relevées.'11 s’attacha à combattre le préjugé vulgaire, savoir que lesfigures dont les contours sont égaux, ont des capacités égales.( 5 ) Son écrit, le premier des écrits géométriques de l’antiquitéqui nous soit parvenu , nous a été conservé par Théon dansson commentaire sur VAÍmageste , d’où Clavius l’a tiré et insérédans son commentaire sur ia sphère de J. da Sacro - bosco.Mais nous nous hâtons d’arriver à fjìppocrale de Chio, qui j^uitchez'les anciens d’un o grande célébi ilé , autant par son mériteen géométrie qu'e par ìa singularité de son histoire.
Uippocrdte n M toi t pas né pour être mathématicien, ct sansViributune et le hasard, il ne Eauroit peut-être jamais été. Ilétoit commerçant sur mer, et Aristote ncuS l’a représemé (6)comme un homme d’rme simplicité approchante de la bêtise ,011 d une impéritie extrême dans les affaires. Les fermiers desdroits publics à Bysance en profitèrent, et !e trompèrent d’uneétrange manière; ce qui justilieroit peut-être IJippocrate, c’estque l’on peut n’être pas sot, et être la dupe de pareilles gins.Quoi qu’il en soit, réduit par-là à Suspendre son commet ce età demi ruiné, il vint à Athènes pour. y rétablir un peu ses affaires,te fut- là qu’il corindt la géométrie pour la première fois. Le
(1) Com. in Som. Slip. 1 . l,c. 15. (i) E-id. 1. 4, c. 8. Thécn, ia
(i)- E)c PI. PJiH, I. z , c. 15. A’ntag. I- 1.
(3) Metcor. ). 1, c. 8. (6) Ethica ad Eudem. 1 . 7, c. 14.
(4) Froc], ia /. Eucl. 1 . a, c. 4.