DES MATHÉMATIQUES. P*iit, í. Liv. III. .i 5 9cl’un jour et demi. Ce sont donc trois jours d’exccs dans 1 6ans, et 3 o dans 160 ans. On proposa de former une nouvellepériode qui auroit été composce de 20 octaétérides,, moins unelunaison intercalaire. Cette période auroit été assez parfaite; caron trouve par le calcul que 160 ans juliens ne s’écartent decette somme de lunaisons que d'environ 10 à 12 heures ; ce quiest peu considérable, eu égard à la longueur drCtemps. Maiscet avantage est trop compensé par 1 incommodité de ne rame-ner la lune et le soleil au même point du ciel qu’après un tempssi long: Cette considération porta sans doute les Athéniens etles auues Grecs qui se servoient d’octaétérides, à continuer deles employer malgré leur défaut. On se contenta pendant assezlong-temps d’y faite de temps à autre des corrections, pour lesrapprocher de l’état dn ciel ; mais à la lin il se glissa un sigrand désordre dans le calendrier, que les moins ciairvoyansen furent frappés. Aristophane en lit lui-même des plaisante-ries clans ses Nuées. II y introduit un acteur qui , venant àAthènes, a rencontré Diane ou la Lune, fort irritée de ce quel’on ne se régloit plus sur son cours ; elle s’étoit plainte amè-rement à lui de ce que tout étant bouleversé sans dessus-dessous,les Dieux ne s’avoient plus à quoi s’en tenir, et s’attendantquelquefois à faire grande obère un jour marqué, ils venoientet a voient le désagrément d’être obligés de s’en retourner leventre vuide ef sans avoir soupé. Aristophane' ainsi .plaisamment les sacrifices qui dévoient se faire à certains joursmarqués, et qui, à cause du dérangement du calendrier, étoienttantôt accélérés, tantôt retardés. Cela, pour le remarquer enpassant, lui auroit mérité la ciguë à plus juste titre qu’à Socrate.
Un dérangement si visible excita , ou pour mieux dire, avantqu’il fût aussi con sidéral ,1e, il aveit déja excite' les efforts desastronomes.Plusieursavoientproposé de nouveauxoyoies, comme, Ha/pa/us, Nautelès , Mnésistrate , Phiìolaus , OEnopide, Dé-mo c rite , Crkon de Naxos , (1) mais ils n’avoient pas été ac-cueillis, et ne inéritoient pas de l’être. II ne faut cependant pasattribuer à ces anciens des erreurs aussi grossières sur la gran-deur des périodes lunaire et solaire, que le fait Sca/iger (2).Comme nous savons seulement quel étoit le nombre des lunaisonsintercalaires de ces cyclçs , mais non quel étoit celui des moiscaves et pleins qu’ils y employoient, tout le calcul de Sca/ìgerest en pure perte ( 3 ). Si nous ne savions du cycle de Méton ,rien de plus, sinon qn il y avoit sept lunaisons intercalaires '
(') De die Nat. Suidas. P lin. L 18, (3) Petau, Rat. Ttrmp. p. a, 1 . 1,
cap. 31. c. 2.
(2) De Emendationo Temporum.