DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. IV. 221posa la tâche de décrire en vers les' constellations célestes. IIle fit dans un poème d’environ 1200 vers, dont la premièrepartie est intitulée : Phenomena , et l’autre , Pronostica. Cesphénomènes ne sont autre chose que les levers et coucherspoétiques, c’est-à—dire , Achroniques et Héliaques des cons-tellations célestes pour le climat de la Grèce , en quoi Aratuspasse pour n'avoir guère fait autre chose que de mettre envers l'ouvrage d ' Eudcme sur le mime sujet. Avec plus de talentpour la poésie , il anroit pu semer son poème d’Episodes quien auroient fait disparaître la sécheresse. Mais malgré ce dé-faut , le charme apparemment de sa versification, charme quenous rie pouvons apprécier aujourd’hui , lui fit la plus granderéputation. Cet ouvrage a eu parmi les anciens une foule decommentateurs, parmi lesquels on distingue le célèbre Hip~parque. Trois traductions Latines le firent connoître aux Ro-mains. La première fut l’ouvrage de Cicéron , et il nous enreste des fragmens nombreux. Germanicus César , un des filsà' Auguste , ne dédaigna pas d’y essayer son talent poétique;sa traduction subsiste presque en entier. On doit enfin à Avienusune troisième traduction qui nous est parvenue , et qui se faitlire avec plaisir. Remarquons ici que les Pronostica n’ont aucuntrait à l’astrologie judiciaire. Les Grecs ne se doutoicnt pasencore de ce vain art. Ces pronostics ne sont autre choieque les signes physiques, avant-coureurs de la pluie et du beauou mauvais temps ; et ce u'est pas la partie la moins inté-ressante de l’ouvrage. Ce poème a eu un grand nombre d'édi-tions et de traductions, dont la principale , à inon gré, est leSyntagma arateorurn, donné par Grolius , en 1600, à Leyde,in- 4 Q .
V.
Tandis que l’astronomic fleurissent ainsi à Alexandrie, laSicile donnoit naissance à un géomètre, dont le génie devoitêtre l’admiration de la postérité. Cette homme célèbre est Archi-mède , dont le nom est mémorable auprès de tous ceux quiont quelque connoissance de l’histoire ou des sciences. Sa vieavoit été écrite autrefois par ún certain Heraclide ,■ mais cemorceau , si propre à intéresser notre curiosité , ne nous estpas parvenu, et nous ri’en connoissons aujourd’hui que quel-ques traits que nous allons rassembler.
Archimède naquit à Syracuse vers l’an 287 avant J. C., etsuivant le rapport de Plutarque (1), il étoit parent du roiHiéron. Comme Archimède n’etnprunte aucune partie de sa
( 1 ) In Marcello.