2.96 HISTOIRE
appercevoir à la vue simple. Nous remarquerons cependant enpassant, qu’il est sort au dessous de celui que ie vulgaire imagine.
Nous avons parlé avec une étendue suffisante de la théorieclu soleil, en rendant compte des travaux tillipparque. CommeFíolémée adopta les déterminations de cet astronome sans yfaire aucun changement, ce seroit tomber dans des répétitionsinutiles que de revenir sur ce sujet. Nous passerons doue à lathéorie des • autres planètes, qui est proprement l’ouvrage dej PtoLémée,
. Comme le soleil a une excentricité peu considérable, et queson mouvement, ou plutôt celui de la terre , est peu dérangé parles causes physiques, dont la découverte est due aux modernes ,l’tiypothèse d.’un excentrique- simple est assez propre à lç re-présenter ; et f astronomie auroit bientôt touché à sa perfection ,si les monvemens des autres planètes étoient aussi peu com-pliqués que celui de cet astre. Mais il n’en est point ainsi ; toutesces autres planètes sont sujettes à un grand nombre d’iriégu-larltés, les unes optiques , les autres réelTes ; et la lune , quoiquela plus voisine de nous , a été de tout temps celle qui a donnéle plus de peine aux astronomes. Ce n’est que depuis quelquesannées qu’on a commencé à dompter cette planète rebelle, encultivant, à faide d’une géométrie profonde, la théorie dontNewton a jeté les sondemens dans ses Principes.
La première et la plus sensible des inégalités de la lune estde la môme nature que celle du soleil. Elle est occasionnée parsa différence d’éloignement à la terre dans deux points diamé-tralement opposés de son orbite; mais, si l’on ri’avoit égard qxso'icette cause d’irrégularités , on n’auroic par le calcul les lieuxvrais, qu’aux environs des conjonctions et das oppositions. Danstous les points intermédiaires de son orbite, la lune est affectéed’une seconde inégalité qui provient d une autre cause; savoir,de ses configurations avec le soleil, ou de sa distance à cetastre. Celle ci tantôt augmente , tantôt diminue la première ,et tantôt plus, tantôt moins : nous rendrons bientôt compte doces phénomènes particuliers.
Ce n’étoit pas l’ouvrage d’un astronome d’une médiocre ha-bileté , que de démêler et d’assujettir au calcul cette nouvellesource d’irrégularités dans les mouvemens de la lune : il falloitcomparer un grand nombre de lieux de cet astre, trouvés parle calcul, avec les lieux observés, et cela dans différens pointsde son orbite et dans un grand nombre de lunaisons. Tout cecisuppose bien des vues , du travail et de la réflexion ; et il n’enfaudroit guère davantage pour justifier le jugement que j’ai portéplus haut de Ptolémêe, qui sut découvrir la loi que suivoientces inégalités, malgré leur complication extrême ; car il n’étoit
pas