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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. V. a 9 5dant long-temps. Personne n’ignore qu’il est aujourd’hui démentidans tous ses points par les observations, et s’il n’avoit d’autreappui que le témoignage des sens, il seroit difficile de justifierl'antiquité à cet égard. Mais on doit remarquer que plusieursphénomènes semblent d’abord déposer en faveur de cet arran-gement. Si la terre n’étoit pas au centre, disoient les ancienset Ptolémée avec eux , on ne verroít pas toujours précisémentla moitié du ciel ; et de deux étoiles diamétralement opposées,tantôt ni hune ni l’auíre ne paroîtroit sur Vhovison , tantôt onles y verroít toutes les deux. Les pôles du monde, ajoutoient-ils, ne seroient pas deux points immobiles ; mais, dans lecours d’une révolution de la terre autour du centre de l’uni-vers, ils parcourroient plusieurs endroits de la sphère étoilée ;enlin les mêmes étoiles paroîtroient tantôt plus proches, tantôtplus éloignées , à proportion que la terre en seroit plus prèsou plus loin. C’étoient-là des démonstrations assez pressantesde la stabilité de notre demeure, et elles étoient capables d’enimposer même à des esprits fort disposés d’ailleurs à se délierdu témoignage de leurs sens. II n'y avoit qu’un grand nombrede tentatives infructueuses pour concilier toutes les circons-tances des mouvemens célestes, qui pût apprendre à rejettesces preuves. Ajoutons que l’antiquité manqua toujours des se-cours et des faits nombreux, qui ont été si utiles aux modernes

Í iour établir le vrai système de Tunivers. Ces motifs l’excuserontacilement d’avoir resté si longtemps dans une erreur, dont ilétoit aussi difficile de se désabuser.

Hípparque avoit ébauché la découverte du mouvement desétoile* fixes; Ptolémée l’aclieva, et l’établit d’une manière in-contestable par la comparaison de ses observations avec cellesàHHìpparque. II se servit d’abord de la description qu’ Hípparqueavoit donnée de la position respective des principales étoilesentr’elles, pour prouver qu’elle n’étoit point changée; ensuite,comparant les longitudes de plusieurs étoiles avec celles quecet astronome avoit trouvées , il démontra qu’elles avoient avan-cé parallèlement à l’écliptique de 2° 40 / depuis lui. Comme ily avoit 265 ans d’écoulés, il en conclut que le mouvement desfixes étoit d’un degré par siècle ; mais une astronomie pratiqueplus exacte , et une comparaison d’observations plus éloignées ,ont appris aux modernes que Ptolémée fit ce mouvement troplent, et qu’il est d’un degré dans 72 ans. On a dans Je hui-tième livre de l’ Almageste le catalogue des fixes , que Ptoléméedressa d’après ses observations propres et celles d’ Hípparqueréduites à son temps. II y donne les longitudes et les latitudesde 1022 étoiles ; il n’en compta pas davantage, quoiqu’il y enart un bien plus grand nombre , même de celles qu’on peut