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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. V.. 333

labe de son invention, plus pariait que ceux d 'Hipptirque etde Ptolémée. Sa description (1) nous donne l’idée d’un ins-trument analogue à nos planisphères modernes. Une lettre deSynesius à Hypathia , dont M. de Fermât a séul entendu lesens, nous apprend l’usage qu’on faisoit déjà de XAréomètreou du pèse-liqueurs (2) : au reste, cela n’a rien dé surprenant,puisqu’il y avoit long temps qu ’Archimède en avoit, dévoilé leprincipe. 0

Nous ne devons pas omettre ici divers personnages qui ,dans les premiers siècles de Péglise chrétienne', s’aidèrerit desconnoissances astronomiques pour inventer ou rectifier des cyclesou périodes lunisolaires propres à déterminer de la manière con-venable les fêtes qu’on y célèbre, et en particulier la Pâque ,qui détermine la plupart des autres. Les premiers chefs de l’églisechrétienne , plus pieux que versés en astronomie , s’y prirentà la vérité fort mal , en employant des périodes de 4, de 8 ,de 16 ans, qui étoient tout-à-fait inexactes. Tel étoit le Canonpaschal de l’évêque Hippolyte , qui n’étoit qu’un cycle de r6 ans.Ce prélat vivoit vers l’an 220 de J. C. : aussi les Juifs, quiavoient déjà fait usage de périodes grecques, reprochoient-ils auxChrétiens leur ignorance en ces matières, et c'est en vain queTempereur Constantin , dans une lettre, veut les en disculper.

Anatolius d’Alexandrie, évêque de Laodicée , tâcha defaire cesser ce reproche, en proposant l’emploi du cycle deMéton pour calculer la Pâque. II fixa le commencement de,sonCycle au 22 mars de l’an premier de l’ère Dioclétienne , quiest le 284 de l’ère chrétienne ; mais je ne sais si le projet d 'Ana-toliics eut lieu , ou si l’on y reconnut des défauts : car l’onvoit, environ un siècle après , les patriarches d’Alexandrie ,Théophile et Cyrille , proposer un nouveau cycle , fondé àla vérité sur celui de Méton , mais composé de cinq de cescycles combinés , ce qui faisoit 96 ans, au bout desquels ilscomptóient que toutes les variétés dans la position de la Pâque,entre les termes fixés par le concile de Nicée , étoient épuisées.Mais ils étoient dans ferre u r sur ce point , ainsi que sur labonté de leur période, car elle ne valoit pas la période Calippiquede 76 ans , employée alors par les Juifs. 11 p a roi t cependant quel’usage de cette période de 9 5 ans s’introduisit et se conservalong-temps dans f église d’Alexandrie ; et, comme cette ville étoitcélèbre dans tout f univers par l’étude de l’astronoinîe qui yavoit fleuri tant de siècles , ce fut à elle qu’on s’adrêssa "pen-dant long-temps pour décider le jour de la Pâque dans les cas

(1 ) Voyez Hîst. Astrou. do IFnidler, p. 19a.(*) Fermatiï opp. a d Jiuenu