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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. II. Liv. I. 353fanatisme, dans lequel les avoìt plongés la nouvelle religion qu ilsvenoient d’embrasser. Plus polis auparavant, ils avoient toujoursfait cas des talensde l’esnrit. La poésie, l'éloquence, la puretédu langage étoient en honneur chez eux , et ils tàchoient àl’envi de s’y surpasser les uns les autres. L "est du moins ceque nous apprend Abulpharage leur historien , ot l’on en a di-verses preuves dans leur ancienne histoire. Ainsi lorsqu’ils hui-lèrent la bibliothèque d’Alexandrie, ils ne firent que suivre 1"im-pétuosité passagère d’un zèle emporté , et lès ordres d’un chcfdespotique, dont la barbarie ne doit pas âtre mise sur le comptede la nation entière. 11 vint bientôt un temps où ils auroientregardé ce trésor comme un des principaux avantages de leurcon quête.

Les anciens Arabes, avant ce temps où les sciences fleurirentchez. eux, avoient une sorte d’astronomie semblable à celle quiétoit connue des Grecs avant Tliaiès. Attentifs comme eux auxlevers et anx couchers des étoiles principales, ils en liroient desconséquences pour les changemens généraux des saisons. Us• avoient divisé à leur manière le ciel en constellations, et ilsavoient donné des noms aux étoiles , ou à leurs groupes les plusremarquables. Comme ils étoient piincipalcment adonnés à lavie pastorale, la plupart de. ces noms étoient tirés des animauxou ries ustensiles qui font la richesse des bergers. Ce qui estpour nous l’étoile polaire, ou le bout de la queue de la grandeourse, étoit nommé chez eux le Chevreau, et les deux étoilesplus apparentes, qui sont à l’autre extiêmité de cette constel-lation, se nommoient les Veaux (>)- Ils avoient donné le nomde Chameau ( Frnic) à celle que nous nommons l’oeil du taureau ;celui de A agma/i qu’its donnoient aux pléiades , paroît venirde la sérénité, quelles annoncent quand on les apperçoit. Can opeétoit l’Etalon, ou le Chameau mâle. Les groupes, qui formentchez nous la grande et la petite ourse, sont aussi trop remar-quables, pour n’avoir pas eu un nom parmi eux. Mais, au lieude comparer, comme ont fait les gens de nos campagnes, lesquatre étoiles qui forment le quadrilatère de cette constellation,aux roues u’un char, ils y imaginèrent un cercueil, de sortequ’ils rappelèrent le Cercueil, et les trois autres étoiles furentpour eux les pleureuses qui accompagnent le convoi (a). Ilsnommèrent, par cette raison, !a petite ourse, le petit Cercueil;il est remarquable qu’on trouve cette inême dénomination dansJob , et peut-être pourroit-on l’apporter en preuve, que ce livrea été originairement fait et écrit en Arabie. Je pourrois étalerici un plus grand nombre d’autres dénominations propres aux

(i) Gol. ad Alferg. p. 6z. (î) Golius, ibìd.

Tome I. Yv