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eníin de lai quelques ouvrages analytiques , comme un traité
d’ Algèbre, etc.
Le géomètre dont, après Nassir Eddin, les Persans font leplus de cas, est un certain Maimon-Reschid. II a aussi com-menté Euclide , et il avoit une manie fort singulière , au rapportde M. Chardin. II avoit pris une des premières propositionsdes Elétnens en une telle affection , qu’il en portoit la ligurebrodée sur sa manclie. Je doute qu’un pareil ornement parûtaujourd’hui de bon goût, et qu’il contribuât à rendre la géométrieet le géomètre respectables.
La géométrie a continué d’être en estime cbez les Persans, quiConnoissent la plûpart des auteurs grecs de ce genre, et quiprétendent même posséder quelques-uns de leurs ouvrages quenous n’avons pas. Cela mériteroit bien d’être vérifié par quelquevoyageur intelligent en mathématiques. Au reste ils n’ont pasété un pas au delà d’eux , et fort contens de les entendre , ilss’en tiennent là. Le voyageur que nous avons déja cité plusieursfois, nous apprend quelques traits de la pédanterie de leurssavans. Ils ont donné , dit il, à chaque proposition de^Elémensun nom tiré de quelqu’un de ses usages , ou de quelqu’autrecirconstance. La 47 e dn premier livre, par exemple, se nommelu firiu'e de l’Epousëe. Les géomètres Persans ont voulu direpar-!à, que comme du mariage suit la propagation de l'espècehumaine , et plusieurs autres avantages pour la société , ainsicette proposition procure aux mathématiques urte multitude d’u-lilités, et elle est la mère d’une foule d’autres propositions. La4b° qui est l’inverse de la 47 e > se nomme la Sœur de V ì pousée.Quant aux mathématiques en général, ils leur donnent un nomassez juste, en les appellant les sciences difficiles. Ce qui fut,suivant quelques uns , dansla Grèce , la science par excellence,est chc-z les Persans la science difficile pardessus toutes les autres.
X V.
Parmi les arts et les sciences que les Arabes et les Persanscultivèrent, on doit encore donner un rang à la musique. IIétoit difficile que des peuples doués , comme ilsl’étoient, d’uneimagination vive , fussent inaccessibles aux charmes cl’uri art, quiad’ailleurs tant d’analogîe avec la poésie, pour laquelle ils étoientpassionnés. Mahomet avoit pourtant défendu la musique ; maisque font des défenses contraires à la nature et au génie d’unpeuple? Ce sont des barrières impuissantes et bientôt franchies..Celles-ci le furent tellement, que rien ne fut pendant long tempsplus célèbre en Orient, que les chansons et les airs d’un Abul-pharage d’Kispahan, et d’un Deinin Al-Moussali, ainsi que