DES MATHÉMATIQUES. Part. N. Liv. I- 3 9 Hd’Alpharabius. Aujourd’hui même, chez les Turcs, la musiqueentre dans les exercices religieux.
Les Arabes cultivèrent donc la musique. Plusieurs de l?urssavans écrivirent sur ce sujet, et s’illustrérent même par leursconnoissanees musicales, tant théoriques que pratiques.. Lecélèbre Alpharabius étoit si grand musicien , qu’il produisentavec un instrument grossier, des effets qui égalent au moins,s’ils ne sont au-dessus , tous ceux qu’on attribuent certains mu-siciens Grecs. Car il íaisoit alternativement danser , pleurer etmême dormir ses auditeurs, en changeant de mode et de mélodie.On dit qu’il en íit l'épreuve à un concert donné par un visir,où il arriva ctant inconnu. Ayant demandé la permission* dejouer d’un instrument qu’il apportoit, il íit alternativement rireet pleurer tous les assistans. Il les íit aussi danser, et l'on vitmême le grave ministre du commandeur des croyans, hors delui-même , se mêler à la bande joyeuse des danseurs. II écrivitaussi des Elémcns de musique, et fut auteur d’un très grandnombre d’airs et de chansons célèbres dans tout hOrient.
Le philosophe Jacob Al-Kendi fut aussi un musicien distingué.11 composa une introduction harmonique et une histoire de lamusiqua, dont fait mention M. Caziri , dans sa Bibliothecaarabica hìspana , et qui existe dans la bibliothèque de l’Escuiial.
Je me borne à citer encore quelques Arabes qui écrivirentsur cet art. Un des principaux fut Abu - Abus Ahmed ben-Mohaunued ai - Sharacsi, qui étoit dc Séville. La bibliothèquecitée cì-dcssus possède deux de ces ouvrages ; l’un intituléKetab al-moussiki al-kebir c’est-à-dire , Musicœ liber magnus ;l’autre , Ketab al-moussiki al-saphir : ou Musicœ Liberparvus.C’étoit un mathématicien, et mime un auteur d’algèhre. Tel futencore le célèbre Abu-Sina , ou Avicène. Ce médecin écrivitdes Elémens de musique, où il explique fort bien le système dela musique Arabe; ils sont pareillement k l’Escurial. On trouveaussi dans diverses bibliothèques , l’ouvrage de Shexnseddin aí-Saydaoui , intitulé Fiarefat al- an gaii, ou introduction àla musique. Je citerai enfin , pour terminer cette énumération,le musicien Aboul-Ouoffa , qui a écrit en Persan. Je préfère dedonner quelque légère idée de la musique Arabe, ainsi que decelle des Persans.
Les Arabes et les Persans , dont les premiers paroissent avoiremprunté ce que leur musique ade plus agréable et de plus savant,ont une gamme qui, suivant M. Delaborde, ( essai sur lu musiqueancienne et moderne ), revient à celle-ci : la,si., ut, re, mi, fa, sol.Les Persans les désignent par leurs sept premiers mots numéraux,jeck, dou, si, tchar, pendi , sckecsclts, heft;ÇQ que les Arabes font
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