DES MATHÉMATIQUES. Part. II. Lrv. IÍI.
I I.
Le premier objet qui semble devoir nous occuper dans cette discus-sion de l’antiquité de l’astronomie indienne, est celui des fameusespériodes appeilées Yougan , dont les Indiens font usage dans leurchronologie historique, et môine dans leur calcul astronomique 5ce sont ces périodes , qui, expliquées d’une certaine manière,ont donné lieu de penser qu’eiles cachent des déterminations,qui feroient honneur même à l’astronomie européenne. Commeles Indiens nesauroient en avoir été les inventeurs, et conviennenteux-mêmes avoir reçu leur astronomie d’un peuple situé au nordde leur pays, il en résulte, dit-on, qu’elle est P ouvrage d’un'peupleaujourd’hui détruit, qui habitoit la haute Tartarie, et qui avoitporté les sciences au plus haut degré. Ce peuple enfin , suivantles conjectures d’un homme trop malheureusement célèbre à
Í dus d’un titre, (M. Bailly) n’est autre que les Atlantes , siàmeux par le Dialogue de Platon , intitulé Cri'tlas , et qu’aprèsbien des discussions il place dans la haute Tartarie , qu’il habita ,jusqu’à ce que le refroidissement de cette partie de l’Asie , ouquelque catastrophe particulière, le balayât de dessus la surfacede la terre.
Mais je l’avouerai, je n’ai pu encore, ainsi que bien d’autres,m’élever juscju’à la hauteur de cette conjecture hardie. Ellesuppose en effet j comme une vérité, ce système de M. de i’uffon ,sur la formation de la terre , qui l’a fait arracher du soleil ,ainsi que les autres planètes , par une comète , et qui l’a faitpeupler ensuite, après son refroidissemen t, des pôles à 1 équateur.Je ne crois pas que cette idée soit réputée aujourd’hui le fleuronle plus précieux de la couronne du cet homme célèbre, tantelle présente d’objections irrésolubles, soit du côté de la physique,soit de celui de la mécanique. D ailleurs qu’a t on trouvé dansla Tartarie, qui prouve qu’elle ait été autrefois habitée par unpeuple tel que celui qu’on suppose? Sont-ce quelques ruines oùrègne le plus mauvais goût, et qui sont évidemment les restesd’ouvrages des Tartares ignorans et baibares? Encore s’il y sub-sistent des ruines, comme celles de Persepolis , on pourroit dire:voilà des inomunens qui attestent l’habitation d’un grand peuple,d’un peuple instruit. Mais je le répète, ce qu’on y trouve dissé-miné dans une vaste solitude, ne consiste qu’en quelques vestigesd’habitaiions ou d’édifices barbares , et qui ne présentent pointl’appurence d’une grande antiquité- Je sais bien qu’on me diraqu une longue suite de siécles a pu effacer toutes les tracesde cette ancienne race d’hommes; mais à quoi ne répondra-t-on pas par de pareilles conjectures ? Après cette légère dis-Torne 1. H h h