DES MATHÉMATIQUES. Part. II. Lir. III. 427Galiléens et aux Indiens : lequel des deux peuples l’a pris del’autre? c’est-là que gît la difficulté.
On peut dire, et l’on dira sans doute en faveur des Indiens, quece peuple a toujours été si attaché à ses moéurs, à ses usages età ses arts , qu’il témoigne une répugnance invincible à rienadopter des étrangers ; ainsi il n’a pu adopter ou recevoir desGaliléens Jeurs visions astronomiques ; cc sont donc les Galiléensqui les ont reçues d’eux.
Cette raison est assez pressante , mais n’est cependant pas sansrépliqué ; car , suivant M. An que til Duper ron (i), qu’on peutassurément prendre pour guide çn cette matière , vu l’étude par-ticulière qu’il a faite des antiquités indiennes, et la comioissanceprofonde qu’il a des langues de l’índeet de la langue Saxnscretane ;suivant M. A n que til , dis-je , les Indiens conviennent que l’as-tronomie n’est pas indigène chez-eux ; que la connoissance leur envient des parties septentrionales de leur pays : on ne peut doncalléguer en leur faveur la raison ci-dessus, puisqu’ils y renoncenteux-mêmes.
M. Anquetil va plus loin et il prétend que leur fameuse èredu Kalyougam , commencée aujourd'hui (en 17^5) depuis4896 ans, leur a été communiquée par les Arabes du neuvièmeou dixième siècle , et il.l’établit ainsi.
i°. On ne trouve aucune trace du Kalyougam , dans les auteursIndiens antérieurs au douzième siècle, lesquels cependant bousont transmis Hiistoire de leurs rois avec assez do. détails, et parune suite qui commence vers l’an 2260 avant J. C. Si cette èrechronologique eût été si ancienne , les règnes de ces^rois nelui eussent-ils pas été liés ?
2 0 . Aucun des auteurs Arabes , Persans, Tartares, etc. quinous ont décrit les ères des diíférens peuples, n’a parlé de cetteère indienne, d’cù M. Anquetil conclut , avec beaucoup d.evraisemblance, qu’elle n’est nullement ancienne, et môme qu’elleest assez moderne.
Quant à son origine, il pense qu’elle vient du fameux Abov,~mashar , communément appellé Albumasar, dont les visionsastrologiques et le livre intitulé de conjonctioriibus et revolic-tlonibus orbium cœlestium , etc. ont eu tant de vogue dans letemps du règne de l’astrologie judiciaire. Car les Indiens con-viennent cux-meines que leur astronomie leur vient des paysseptentrionaux; or, dit M. Anquetil, au nord de l’Inde , entirant un peu à l'ouest, est l’ancienne Bactriane, dans la capitalede laquelle , savoir Balk , vivoit cet astronome et astrologuecélébré , qui y fonda une sorte d’école astrologique long.-temps
(1) Description pcoy/'aph it^ u c de Vinde , pur le P. Thiefìendallcr, ctc.
Hlih , .
I