■44o histoire
à autre de puiss.ins protecteurs de l’astronómie ; tel fui pro-bablement le roi Salivaganan , qui vivoit quelques 70 ou 80 ansaprès l’ère chrétienne. C’est ce qui lui a valu l'honneur dedonner son nom à l’ère astronomique, dont sé servent aujourd’huiquelques Brames dans leurs calculs. Cette ère est pour eux ce'quefut .celle de Nabonassar pour Ptolémée et ses successeurs.Elle commence à l’an Julien 78 de J. C., année de la mort deSalivaganan, en sorte que cette année 1796 , on compte, dansles calculs Indiens, la 1717 e de l’ère de Salivaganan. Je n’aipuau-reste retrouver le nom de ce roi dans le catalogue des 106 rois »qui, en 0112e fa milles ou dynasties, ont régné sur les Indiens depuisles temps voisins du déluge , jusqu'en 1192. On croit que c’estle roi Suceadit qui régnoit, vers l’an de J. C. , dans le Bisnagar.
Un autre protecteur célèbre de l'astronomie dans l’Inde , futl’emperenr Mogol Acbar. li lit construire, il y a ènviron 200 ans,à Benarez, un superbe observatoire, dont les restes sont encoredans un très bel état de conservation ; il en avoit même fondédeux autres en deux autres lieux de ses états ; savoir, Dehliet Agra. Mais celui de Benarez est le seul qui ait été visité, etnous en devons la description à M. le chevalier Bob. Barcker,qui l’a insérée dans les transactions philosoph. de l’année 1772 :nous allons suivre son récit.
M. Bob. Barcker raconte qu’ayant été à Benarez en 1772 ,il eut la curiosité de conférer avec quelqu’un de _ces Bramessa vans qui habitent cette ville, T Athènes de Tlude pour lessciences et les lettres. Son objet étoit de savoir de lui, par quellevoie ils «Côtoient assures dune éclipse de soleil qn’ils avoientannoncée. 11 ne put cependant tirer que peu de satisfaction decelui dont on lui procura l’entretien ; il sut seulement par-là ,que la connoissance de ces matières étoit réservée à un petitnombre d’homines , qni avoient en leur possession certains livreset préceptes, écrits en langue Samscretane, entendue même depeu d’entr’eux. Mais on lui promit de le conduire dans un lieudestiné aux observations qui faisoient l’objet de ses recherches;on le conduisit en effet clans un grand et ancien bâtimentconstruit en pierre, dont le dessous étoit employé à des écuries ,mais qui , par la multitude de ses cours et l igemens, paroisse!tavoir été destiné à Tusage de quelque corps ou collège. l)e-làil parvint à une terrasse, où il vit .avec étonnement et satisfaction,un grand nombre d’instrumens , dont plusieurs étoient d’unegrandeur démesurée, et dans un état de conservation , tel qn’ilssembloient n’être construits que depuis fort peu de temps. Cesinstrumens, au reste , ne rcssembloient en rien aux nôtres ; ilsétoient en pierres ct immobiles, mais leur stabilité avoit éprouvési pieu de variation , qu’en regardant à travers plusieurs pinnules