DES MATHÉMATIQUES. Part. ; IÍ. Liv. IV. 45 tà la vérité, fort Tong - temps qu’ils connoissoient la fameusepropriété du triangle rectangle. Ils avoient devancé les Grecs àcet égard de plus de dix siècles (1). Mais cette propriété, dontla découverte méritoit si bien par ses usages nombreux le ^sa-crifice que fit Pythagore, suivant la renommée ; cette propriété ,dis je, avoit été stérile entre leurs mains. Quoique la trigono-métrie sphérique soit si utile, et même si nécessaire à Gastro-nomie , ils avoient resté jusqu’au treizième siècle sans la con-noître, et même la connoissance qu’ils en eurent alors, leurvint probablement des astronomes Arabes ou Persans, que lessuccesseurs de Genghis-kan prirent à leur service.
T'arithmétique des Chinois n’étoit pas plus relevée, lorsquenous arrivâmes dans leur empire. Elle étoit bornée à quelquesrégies d’usage nécessaire , comme les premières de la nôtre :ils les exécutoient, et les exécutent encore par le moyen decertaines boules enfilées, qu’ils manient avec beaucoup de promp-titude et de dextérité (2). Leur mécanique se réduisoit à quelquesmachines, telles que le besoin et l’expérience continuellementrectifiée les suggèrent à un peuple industrieux. Leur navigationn’étoit qu’nne manœuvre grossière : ils connoissoient depuislong-temps la propriété qu’a saunant de sc diriger vers le Nord ,et ce n’est pas sans vraisemblance qu’on prétend que nous tenonsd eux la connoissance de cette propriété , par l’entremise deMarc-Paul, ou au moyen de celle des marchands Vénitiens , quifáisoient alors lc commerce de l’Jnde par la mer rouge. Maistandis qu’à peine un demi-siècle après, le génie Européen enforinoit la boussole d^à-présent , ses Chinois fáisoient encoreporter un morceau de fer touché de l’aimant, sur une petitenacelle mise dans un vase plein d’eau, et je crois qu’aujourd’huimême c’est la boussole des Jonques Chinoises. Ils avoient encoremoins d’idée del’optique : on a prétendu , à la vérité, qu’ils seservoient autrefois du télescope. Le P. Gaubil rapporte (3) qu’ondit (pie vers l’an 164 avant J. C. ils observoient avec un tube :le P. Kœgler parle aussi d'une description du ciel faite long-temps avant i’arrivée des Européens à la Chine, où l’on re-marque des étoiles qui ne paraissent plus à la vue simple. Maisce sont-là de légers indices que le télescope leur ait été connu.Le tube dont parle le P. Gaubil, a pu être un simple tube propreà écarter les rayons latéraux, et à faire voir par-là plus distinc-tement les petites étoiles. Quant à ce que rapporte le P. Kœgler,
(”} T raité de l’astron. Chin. par le (3) Trait* de VAstr. Chirt. p. jc.k. Gaubil., p, a0-
(») Hist. de la Chine, par le P, duH aide, L . r
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