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Tome premier.
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522 HISTOIRE

homme qu? montre trop cVignorauce sur l’effet et l’usage deces verres , pour avoir quelque poids. Ce qu’il dit, savoir qn’onles frottoit d’huile et qu’on les échauífbit, doit nous donnerune défiance extrême sur le reste de sa description. C’est icile cas d’alléguer la règle de droit , que tout témoignagegrossièrement faux dans un point , doit être rejeté enentier.

On pourroit rassembler un grand nombre de passages, propresà prouver que les anciens se servoient, pour brûler, de sphèresde verre, et non de verres lenticulaires. Pline (1) parle deshoules de verre ou de crystal, avec lesquelles on brûloit leshabits, ou les chairs des malades qu’on vouloir cautériser.C’étoit, suivant Plutarque, avec une sphère de verre que lesvestales al-lumoient le feu sacré. J’ai peine à me persuader queces auteurs eussent pris un verre seulement plus relevé dansson milieu qu’à ses bords, pour une sphère. Ajoutons enfin,que si l’invention des verres lenticulaires eût été connue autempsd’Aristophane , leur utilité est telle qu’il est moralement impos-sible , que leur usage ne se lût transmis d’âge en âge.

Je ne disconviendrai cependant pas qu’il a fallu que la pro-priété des sphères de verre remplies d’eau, pour grossir lesobjets, ait été connue dans la Grèce. Car comment leurs gra-veurs en pierres fines auroient-ils pu exécuter de pareils ou-vrages , sans ce secours qui est encore celui qu’employent lesouvriers ou artistes de ce genre? Mais quelque peu qu’il y eûtà faire pour passer de-là aux verres lenticulaires , ce pas paroîtavoir resté à faire jusqu’à ces derniers temps.

Les raisons de ceux qui ont voulu trouver dans l’antiquitédes traces des verres lenticulaires, me parfissent assez discu-tées : il me reste à établir, par des témoignages certains, qu’ilsn’ont commercé à être connus que vers la fin du treizièmesiècle. Les voici rassemblés en peu de mots.

Premièrement, les écrits de Roger Bacon montrent que deSon temps on ignoroit encore cette invention, puisque lessecours qu il propose à ceux qui ont la vue affoiblie, se ré-duisent à appliquer un segment sphérique sur les objets qu’ilsvoudront voir (2). C’est dans l’Italic que nous trouvons leapremières traces des verres appelés lunettes , et cela vers lesdernières années du treizième siècle. M. Sport ( 3 ) nous a rap-porté une lettre curieuse écrite par Redi à Paul Falconierx ,sur l’inventeur des lunettes. Redi y allègue une chronique ma-

(1) Lib. 3 6, 37. t6 V. Molineux, Dioptrie'*. M. Smith;

(a) Voyez i'art. précéd. Syst. complet d’Optique , t, a, rena»

(}) liecher. curieuses d’untiq. Di»t . p. 20,

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