DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Lit. I. 5i<y
Nous n’avons presque à citer que les noms d’un grandnombre de mathématiciens Anglois, qui vécurent dans cettepériode de temps; comme Jean Bacondorp, Richard Walling-fort , Jean Mandovich , Climiton Langley, Guillaume Gri-saunt, Nicolas de Lynn , Walther Eveshain , William Read,évêque de Chester, Breton, Jean Chillmarck, Louis de Caer-Lyon, Jean Summer , Richard Lavingham, Jean Estwood ouEschwid, Richard Swinshead, mal à propos appelé communé-ment Suisseth , surnommé le Calculateur , à cause de sonhabileté en arithmétique ; et eníin le fameux poète Chaucer ,qu’on ne s’attendroit pas à trouver ici ; car il fut auteur d’untraité sur l’astrolabe, que je crois même imprimé. II nous suf-fira de dire ici en général, qu’on leur dut beaucoup d’ouvragessur l’arithmétique, sur la géométrie, et principalement surl’astronomie ; ceux - ci souvent fort entachés de mélanged’astrologie. Tous ces ouvrages ont resté en manuscrit dansles principales bibliothèques d’Angleterre. Parmi ces hommesnéanmoins nous en distinguerons un, pour en dire quelquechose de plus; c’est Richard Wallingfort, qui, né dans unecondition très-obscure, car il étoit fils d’un Forgeron , ne laissapas d’acquérir de grandes connoissances en mathématiques ,et sur-tout en mécanique. II inventa ct fit faire pour le couventde S. Albans, dont il étoit abbé, une horloge qui étoit unemerveille ; car, suivant Leland , elle ne montroit pas seulementles heures, mais encore le cours du Soleil et de la Lune , lesheures clés marées, avec une multitude d’autres choses ; il écri-vit sur cela un ouvrage intitulé Albion , en faisant allusion auxmots anglois All-by-one ; ce qui signifìoit sans doute tout parun seul moteur. Cet ouvrage existe encore en manuscrit dansla bibliothèque de Bodley. Richard Wallingfort vivoit en i3a6.Je passe, pour abréger , nombre d’autres mathématiciens decette classe, et vivans vers cette époque, ou dans les premièresannées du siècle suivant, en Angleterre. Ce nombre semble pré-sager dès-lors les succès que la nation Angloise deyoit avoirun jour dans cette carrière.
En Allemagne, Jean de Saxe, religieux Augustin, écrivitsur les tables du roi Alphonse , et sur les éclipses ; Henri deHesse, professeur de la nouvelle université de Vienne, traita«le la théorie des planètes; mais ces ouvrages n’ont jamais vule jour par l’impression.
La France, quoique déchirée dans ce temps par des divisionsintestines , et par des guerres étrangères, ne fut pas entière-ment dépourvue de mathématiciens. Tel fut le célèbre Jeande Mûris ; célèbre , dis-je, par la part qu’il eut au système denotre musique moderne. Mais ce qu’on ignoroit jusqu’à ceTome l. Xxx