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Tome premier.
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53 o HISTOIRE

moment, c’est qu’il fut aussi astronome, ou cultiva I’astrono-mie. II existe de lui, dans la bibliothèque de l’église cathé-drale de Metz, un manuscrit astronomique intitulé : J. deMûris tractatus de Sole et Lima , et corporibus coelestibus ,cum tabulas astronomicis /foo annorum ( 1 ).

La ville d’Amiens revendique aussi un astronome nomméJean de Ligneriis ou de Lignières ; il professoit les mathé-matiques à Paris, et étoit observateur ; car il entreprit de rec-tifier, par ses observations, les lieux de diverses étoiles obser-vées par ses devanciers. On trouve dans les œuvres de Gassendi,tom. 6, quelques-unes de ces observations, qui lui avoientété communiquées par Wendelin , habile astronome desPays-B as.

Nous observerons enfin que, peu après le milieu de ce siècle,Charles V, dit le Sage, fit quelques efforts pour relever lessciences. A la sollicitation de Nicolas Orcsme, son précep-teur , il employa divers savans à traduire des ouvrages an-ciens, et Nicolas Oresme lui-même fit une traduction ou traitéoriginal de la sphère , et traduisit le livre de Mundo d’Aristote.II fut aussi auteur d’un traité de Proportion!bus proportionumou de Proportionihus , resté manuscrit. Les soins ou les an-ciens services de ce savant furent récompensés par l’évêchéde Lizieux. Mais les vues de Charles , et de son instituteur,n’eurent pas pour lors d’effet sensible.

X.

Cette longue période de siècles, dont plusieurs peuvent êtrecomparés, relativement aux travaux de l’esprit humain , à uneprofonde nuit, ne furent cependant pas stériles en diversesinventions dune grande utilité. Nous trouvons, par exemple,dans cet intervalle de temps , celle des moulins à vent, ma-chine si utile pour la société , et pour l’un des premiers besoinsde la vie humaine. Vitruve décrit assez bien le moulin-à-eau,qui étoit probablement une invention grecque j cependant ilne parle point du moulin à-vent, qu’il auroit sans doute décrits’il eût été connu de son temps. Mais comme cette dernièremachine existe depuis bien des siècles en Hollande, où, parson usage presque absolument nécessaire , elle est comme indi-gène , nous nous croyons fondés à penser qu’elle y fut inven-tée dans les huitième , neuvième ou dixième siècles. Dans quelpays en effet pouvoit-elle mieux prendre naissance, que dans

(j) Montfaucon, Bibliutheca Bibliothecarum Manuscr, t. 2,