58 o HISTOIRE
I 3 problème est tel, que, quelle que soit sa solution, elle doitlui faire honneur. Ce mathématicien a donné son nom à uneingénieuse invention qu’il proposa et qu'il employa pour sup-pléer aux très-petites subdivisions des instrumens astronomi-ques (1). II ne faut cependant pas confondre*, comme on lefait communément, cette invention avec celle qu’on employéaujourd’hui presque généralement clans ce cas. Celle-ci-est dueà Pierre Vernier, qui la proposa en 1631 , clans un. petit ou-vrage aujourd’hui fort rare , intitulé : la construction , l’usageet les propriétés du nouveau quadrant mathématique , ou-vrage rempli de p atiques ingénieuses et abrégées , tant astro-nomiques que trigonométricues. On expliquera ailleurs en quoicousissent, et en quoi diffèrent ces deux inventions. On a deNorias plusieurs, ouvrages estimables, tels que son traité deCrepusculis , son Algèbre en Espagnol. 11 est aussi un despremiers qui aient défriché la théorie des Loxodromies, dontnous parlerons ailleurs. Jean de R.oyas qui étoit Castillan , étalaaussi de l’habileté en géométrie dans son nouveau planisphère;c’est une projection de la sphère sur un plan qui a retenu sonnoin , et qui a des avantages par dessus celle de Ptolémée.Mais ce n’est point ici le lieu de nous étendre sur ce sujet.
Nous passerons maintenant en Angleterre, où les mathéma-tiques n’étoient pas moins cultivées que dans le continent. Ro-bert Record, Jean Dée , Léonard et Thomas Digges, Bil-lingsley, dont on a déjà parlé à l’occasion de sa traductiond’Euciide, travaillèrent utilement à propager dans cette île legoût des mathématiques et de la géométrie en particulier.Edouard Wright mérite toutefois cl’être distingué clés précé*dens, à cause de son invention des cartes de navigation ré-duites. On en parlera ailleurs plus au long ; son livre intitulé :Errours ìn navigation , ( Lond. i5qq, in-4. ) suppose dans sonauteur une géométrie beaucoup plus profonde que la géomé-trie ordinaire de son siècle.
Mais nous ne trouvons aucune part des géomètres en plusgrand nombre qu’en Allemagne. Ils ne s’élevèrent pas , à lavérité , à une géométrie fort transcendante : la plupart s’adon-nèrent à des travaux plus utiles que brillans , et qui deman-dent plus de flegme et de patience que de génie. Nous en ren-drons compte après avoir parlé d’un géomètre de cette nationpeu connu, et qui méritoit cle l’être davantage.
Ce géomètre est Jean Werner de Nuremberg, qui fleurissoitau commencement du seizième siècle. Il mérite de grandeslouanges, pour s’être élevé à une géométrie beaucoup plus su-
(l) Ibid, Prop. 31.