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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUE S. Paît. III. Lrv. IV.des philosophes avoient pensé que Vénus et Mercure íaisoientleurs révolutions autour tlu soleil; ce fut pour lui un nouveautrait de lumière , car les conséquences de cette hypothèse «'ac-cordent si bien avec les phénomènes , que tout esprit exempt depréjugés , ne peut manquer d en être frappé.

Copernic rem arque it encore que Mars , Jupiter ct Saturne

Í >aroissoient bien plus grands vers leurs oppositions , que danse reste de leur cours. C’étoit-là une forte raison de soupçonnerque ces trois planètes n’avoient pas la terre pour centre demouvement, à moins de leur donner une excentricité prodi-gieuse. II n’y avoit guère d’autre parti à prendre , que de lesfaire tourner autour du soleil ; et en le supposant , on apperçoitaussitôt que cette diversité considérable de grandeur apparenteen est une suite nécessaire. L’idée de Philolaiis et de ces anciensphilosophes qui faisoient le soleil immobile , se lie admirablementavec ces premières découvertes. Copernic ne manqua pas de voirque mettant le soleil en mouvement autour de la terre , pourvu qu’ilentraînât avec lui, comme centre, les cinq planètes dont j’aiparlé , on satisíeroit aux phénomènes Mais Tordre et Tharmoniede T univers lui parurent en être blessés. Tout est au contrairedans une syminétrie satisfaisante , si, plaçant le soleil au centre,on fait tourner autour de lui toutes les planètes dans cet ordre :Mercure, Vénus , la Terre , Mars, Jupiter et Saturne. Alors laLune, de planète principale, devient une compagne de la terre,asservie à la suivre dans toutes ses révolutions ; ce qui, bienloin de nuire à Tharmonie de Tunivers , sert au contraire àmieux faire éclater la bonté du créateur , qui a accordé auxhabitans de cette planète un astre dont la lumière considérablepeut les dédommager, pendant une partie des nuits, de l’absencedu soleil.

Copernic ne se borna pas-là ; quelque satisfaisante que fûtcette idée , il sentit qu’il falloit qu’elle répondît, non-seulementaux phénomènes généraux, mais encore aux particuliers. Cesvues lui firent entreprendre de longues observations , qu’il con-tinua pendant près de trente-six ans, avant que de proposerpubliquement son nouveau système. Qu’il seroit à souhaiter quetous les physiciens suivant cette sage méthode, ne missent aujour que des idées méditées et réfléchies pendant long-temps,éprouvées enfin à la pierre de touche de l’expérience et de T ob-servation ! On verroit moins de systèmes nouveaux , mais onn’en verroit que de justes et de solides.

Malgvé de si légitimes raisons d’espérer un grand succès,ce ne fut pas sans peine que Copernic dévoila son système. Ilfallut des exhortations de personnes de poids et de grandeconsidération pourl’y déterminer. Quelque chose en ayant trans-

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