626 HISTOIRE
le ferons d’après lui même (1) , lorsque nous aurons fait con-
noître quelques traits de sa vie.
Copernic (Nicolas) naquit à Thorn en Prusse, suivant Maestlin,presque son contemporain , le 19 lévrier r/j /3 , d'une famillenoble. Après avoir appris dans la maison paternelle les languesgrecque et latine , il alla à Cracovic continuer ses études. Cefut-là que le goût qu’il avoit toujours senti pour l’astronomie,commença à trouver de quoi se satisfaire. Il profita des instruc-tions d’nn professeur pour en apprendre les élémens, et bientôtenflammé d ardeur par la liaute célébrité où étoit Régie m on-tar.ns, mort depuis une vingtaine d’années, il entreprit le voyaged’Italie , où flemissoient des astronomes de réputation II conféraet il observa à Bologne, avec Dominique Maria Novarra; de làil alla à Rome , où son habileté lui mérita bientôt une chairede professeur. Diverses observations furent le fruit de son séjourdans cette ville. II quitta enfin l’ítalie vers le commencement duseizième siècle , et son oncle , l’évêque de Warmie , lui donnaun canonicat dans sa cathédrale ; ce qui le fixa Je reste de sa■vie. C’est ici que nous allons commencer à suivre Copernic dansses réflexions, qui aboutirent enfin á lui montrer finsuffisancede l’ancien système de l’univers, et qui l’obligèrent d’en établirun autre sur ses débris.
Copernic ne jouit pas plutôt de la tranquillité de son éta-blissement , qu’il se livra avec une ardeur nouvelle à l’étirdedu ciel. Alors les inconvéniens, de l'ancienne astronomie lefrappèrent vivement. Le prodigieux embarras qui résultoit deshypothèses de Ptolémée , le peu de syuunétrie et d’ordre quirégnoit dans ce prétendu arrangement de l’univers , l’extrêmedifficulté de concevoir qu’une si vaste machine eût un mou-vement aussi rapide que celui qu'on lui donnoit, en la faisanttourner sur elle-mêine en vingt-quatre heures ; toutes ces raisonslui persuadèrent qu il s’en fàlloit beaucoup qu’on eût devineì’énigme de la nature. 11 se mit alors à rechercher dans les écritsdes philosophes , s’il n’y avoit pas quelque arrangement plusraisonnable et plus parfait. Plutarque lui fournit la premièreidée de son système , en lui apprenant que quelques Pythago-riciens , en tr'autres Philolaùs , a voient placé le soleil au centrede l’univers , et mis la terre en mouvement autour de cet astre ;que d'autres avoient fait tourner la terre sur son axe , et refuséaiix corps célestes ce mouvement diurne qu’ils paroissent avoir.Cette dernière idée le charma par sa simplicité : elle i’aíf'rari-chissoit déjà de ['inconvénient de faire mouvoir toute la ma-chine céleste avec une rapidité inconcevable , pour satisfaire aumouvement diurne. II apprit aussi de Martianus Capella , que
(1) De revalutionibus. Prcf, ad Paulum III.