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636 HISTOIRE
rétrogradations des planètes supérieures se font avant et aprèsleurs oppositions, et au contraire les inférieures éprouventces apparences avant et après leur passage entre le soleil etla terre.
Ce que nous venons de dire montre encore que le lieu appa-rent d’une planète quelconque, de Jupiter, par exemple ,dépend du lieu où est la terre ; ainsi lorsque dans Gastrono-mie moderne on veut calculer le lieu de Jupiter, qu’on nommegéocentrique ou vu de la terre , il faut d’abord calculer son.lieu à l’égard du soleil, qu’on appelle le lieu héliocentrique ,et qui dépend de la figure de l’orbite et des équations propresà cette planète. Il faut après cela calculer pour le même ins-tant le lieu de la terre vu du soleil, ce qui donne la distanceoù ces deux corps paroîtroient l’un à l’égard de l'autre, à unspectateur placé sur cet -astre (fig . 88 ) ; c’est-à-dire , sangleformé par les lignes I S , 8 T; enfin par les théories parti-culières de Jupiter et de la terre , on connoît les rapportsdes lignes I S, S T, ce qui, avec l’angle I S T, donne l’angleS T I qui est la distance de Jupiter au Soleil dans l’éclip-tique : ainsi le lieu du Soleil étant connu, on a celui de Jupiterà l’égard de la terre. II arrive de-là que tantôt le lieu hélio-centrique précède le géocentrique, tantôt il le suit, tantôt ilscoïncident ; c’est-là ce qui cause cette variété de phénomènessi singuliers en apparence, et qui dépendent néanmoins d’unocause si simple.
Ce seroit ici le lieu d’exposer les hypothèses particulièresque Copernic imagina pour représenter les mouvemens dechaque planète. Une histoire particulière de l’astronomie l’exi-
{ *eroit ; mais l’immensité de mon objet ne permet pas de meivrer à ces détails. Je me bornerai à remarquer que CoperniGimprouva l’inégalité réelle que Ptolémée avoit donnée à quel-ques planètes, en plaçant le centre du mouvement uniformeailleurs que dans le centre des cercles qu’il leur faisoit par-courir. II étoit persuadé, avec l’antiquité , que le mouvementd’un corps simple , comme les astres , devoit être simple etuniforme , et que quelque irrégulier qu’il parût être , il nepouvoit être composé que de mouvemens simples : les plusgrands hommes tiennent toujours à leur siècle par quelquefoible. En conséquence , pour représenter les mouvemens desplanètes , il se servit d’un excentrique sur lequel rouloit unépicycle qui portoit la planète , et qui tournoit suivant unecertaine loi. II ne se fit pas même une peine de mettre épi-cycle sur épicycle, comme dans la théorie de la Lune , oùles irrégularités multipliées ohligent de recourir à des moyensextraordinaires. Je passe aussi légèrement sur quelques-uns de