DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Lit. IV. 63 7Ses sentimens astronomiques. II pensa , par exemple, quela progression annuelle des fixes n’étoit pas toujours la même,qu’elle avoit été plus rapide au temps d’Hipparque, où ellesparoissent avoir parcouru un degré en 72. ans, et plus lenteau temps de Ptolémée. II admit aussi des variations périodiquesdans l’excentricité de l’orbite terrestre, et dans I’obliquité del’écliptique. Mais ces questions qui ont autrefois divisé lesastronomes, ne le font plus aujourd’hui. II est, à la vérité,fort probable que faction mutuelle des planètes les unes surles autres, peut produire quelque variation dans leurs excen-tricités , etc., mais ce n’est point daiïs le sens de Copernic etde ceux qui adoptèrent son opinion. Ces irrégularités , si onen excepte celles de la Lune, étoient trop peu sensibles pourtomber sous l’observation dans le siècle où il vivoit.
V.
La terre étoit réputée depuis si long-temps dans un reposparfait au centre de l’Univers, que ce seroit un sujet de sur-prise que le système qui venoit la troubler dans cette posses-sion , se fût accrédité sans de longs et de vifs débats! Aussice n’est pas sans peine qu’il a prévalu sur celui de l’antiquité.On a vu pendant près d’un siècle les physiciens et les astro-ftomes aux prises les uns avec les autres à son sujet. A lavérité c’étoit avec des armes bien inégales : les partisans deCopernic étoient la plupart des astronomes du premier ordre,des hommes guéris des préjugés de la philosophie ancienne,et qui s’étofent illustrés par de brillantes ‘découvertes. On neYoyoit presque de l’autre côté que des péripatéticiens quiproposoient les plus ridicules argumens ; des théologiens quijugeoient. une question qu’ils n’entendoient pas; de ces hommesenfin qui, dans tous les siècles, auroient été des obstacles auxprogrès de la philosophie et de la raison. Tel est, qu’on mepermette cette expression, le tableau des deux armées. E his-toire de cette querelle philosophique , sembleroit trouverplace ici ; mais comme c’est dans les premières années, etjusques vers le milieu du dix-septième siècle qu’elle a régné aveclé plus de chaleur, nous avons cru devoir renvoyer jusqu’àcette époque, ce que nous avons à en dire.
Le premier disciple de Copernic fut Joachim Rheticus, quenous avons vu quitter sa chaire de .Vittemberg, pour allertravailler avec lui , et l’exciter à publier son livre des Révo-intions. ^Rheticus goûta parfaitement les raisons de Copernic,et dès l’année r640, il se déclara publiquement le partisan de