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Tome premier.
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641
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DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. IV. 641mensité de cetté distance , et ne fût que comme un point àson égard. Je conviens que cette idée présente d abord quel-que chose de dur et de difficile à admettre. ;ce fut aussi unedes raisons qui engagèrent Tycho - Brahé à proposer son sys-tème mi-parti de ceux de Ptoléinée’et de Copernic. A quoi bon,disoit-il, cet espace immense qui se rencontre au-delà de l’or-bite de Saturne , espace qui, suivant lui , se trouvoit vide etdésert ? Cette difficulté étoit spécieuse du temps de Tybho;mais ce n'en est plus une à l’égard de Pastronornie moderne.Nous savons aujourd’hui, ou du moins nous avons de grandesraisons de croire , que cet espace immense ■ est destiné auxorbites des comètes qui , étant extrêmement excentriques , nedemandent pas un champ moins vaste pour leur cours. Cettedécouverte , confirmée par l’accord du calcul avec les obser-vations de toutes les comètes qui ont paru depuis un siècle ,peut même servir à prouver cette immensité si difficile à con-cevoir ; et ce qui n’étoit qu’une conséquence du système deCopernic, est aujourd’hui une vérité de fait. Que si quelqu’un,sans être frappé de ces raisons , s’obstinoit à la rejetter, parcsqu’elle effraye son imagination , nous lui dirions , avec Gas-sendi (1) : « Eh! qui êtes vous, pour mesurer les œuvres de» la Divinité , et les resserrer au gré de votre intelligence ?» Etre qui jouissez à peine d’une étincelle de raison, et qui» rampez sur un point de l’immensité , depuis quand avez-» vous pénétré toutes les vues du suprême Auteur de la Na-» ture ? Quelle certitude avez vous que ces vastes' espaces où» vos foi blés organes n’apperçoivent rien, sont réellement» vides et déserts? et quand ils le seroient , connoissez - vous» assez tous les ressorts q»e la Divinité emploie dans ses ou-« vrages, pour être assuré que cette immensité ne soit pas» dans l’ordre de quelqu’un de ses desseins. »

Ptolémée et quelques anciens philosophes employoient autre-fois les raisons suivantes contre le mouvement de la terre. Ilsobjectaient à cenx qui anroient pu le soutenir, que si la terretournoit autour de son axe , aucun corps ne pourroit restersur sa surface; que les édifices seroient renversés, et que toutesles parties de la terre seroient bientôt dissipées par la vitessedu tourbillonnement ; qu’on ressentiroit enfin un vent d’uneviolence extrême , effet du choc des corps terrestres contrel’air immobile. Les modernes adversaires du mouvement de laterre, ont ajouté plusieurs autres raisons à celle-là; si laterre , disoient-ils , avoit un mouvement autour de son axe ,un corps qu’on laisse tomber du haut d’une tour ne tomberoitpas au pied, mais à quelques milles delà, suivant l’espacede

1 *) ^dversus Casreum, JZpist. *, 1644, in-4®.lomé I.

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