640 HISTOIRE
la terre à se réunir. Etenim , dit il ( 1 ) , existlmo gravitaientnihil alìud esse quàm appetentiam quamdam naturalem terraepartibus inditam ct divinâ providentiâ opìjicis universorum,ut in integritatem unitatemque suam sesê conférant in^globiformant coeuntes , quam affectionem credibile est etiam soli ,lunae , caeterisque errantium fulgoribus 'messe, ut ejus effi-caciâ in eâquâsesereprésentantrotunditatepermaneant. Ainsi,disoient Copernic et ses partisans , les corps terrestres ne pèsentque parce qu’ils tendent à se réunir au tout dont ils sont par-ties ; il en est de même de la Lune, et c’est de l’égalité desforces avec lesquelles toutes ces parties tendent à composerun tout, que naît la rondeur de la terre et des corps cé-lestes.
Je passe quelques autres mauvais argumens fondés sur lesfausses notions qu’Aristote avoit du mouvement qu’il divisoiten circulaire et rectiligne, attribuant le premier aux corps cé-lestes , et le second aux corps terrestres. Ils seroient tout- à-fait ridicules aujourd’hui , et les Coperniciens s’en tiroientcomme du précédent, en rejetant toutes ces assertions dénuéesde preuves. On doit faire aussi peu de cas des raisons de con-venance , tirées du plus ou du moins de noblesse du centreou de la circonférence, du repos ou du mouvement, que quelques-uns faisoient beaucoup valoir contre Copernic. Ses partisansles tournoient à leur avantage , avec autant de vérité et deprobabilité.
Les raisonnemens qu’on fonde sur les phénomènes astrono-miques , n’ont pas plus de force pour prouver l’immobilité dela terre. En tout temps, disoient les adversaires de Copernic,on voit une moitié du ciel sur Phorison ; et de deux étoilesdiamétralement opposées , P une paroît toujours se coucher lors-que l’autre se lève. Les étoiles enfin paroissent toujours de lamême grandeur. Ces apparences auroient-elles lieu si la terren’étoit pas au centre ? Cet argument ancien avoit été opposéà Aristarque de Samos , et il n’en avoit pas été plus incom-modé que les partisans modernes du mouvement de la terre.II avoit répondu comme eux, que l’orbite de la terre compa-rée à la distance des fixes, n’étoit qu’un point, qu’une quan-tité insensible. Copernic, avant qu’on lui fît cette objection,n’avoit pas manqué de l’assurer, et il en avoit fait un despoints fondamentaux de son système : car Taxe de la terre pa-roissant toujours répondre à un même point du ciel étoilé , illui falloit nécessairement supposer les étoiles si éloignées, quetout l’espace réel que décrivoit cet axe se perdît dans l’ira-
(1) De Revol. c. 9.
inensité