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de peu de poids, et s’exagérant l’obUgation de prendre àla lettre les passages de récriture , qui semblent attester lerepos de la terre , il ne put se résoudre à la mettre en mou-vement autour du soleil. Ne pouvant cependant se dissimuler1a. solidité des preuves sur lesquelles Copernic avoit établi sonsystème , il tâcha de le concilier autant qu’il se pouvoit avecle repos de la terre. Dans cette vue il conserva le soleil aucentre des révolutions de toutes les planètes, excepté la luneet la terre; mais au lieu de mettre celle-ci en mouvementautour du soleil, il la plaça au centre , en faisant tournerautour d’elle le soleil avec la lune. II conserva aussi cette partiedu système ancien qui concerne le mouvement diurne. C’estainsi qu’en prenant dans chacun des deux systèmes , ce quipouvoit se concilier avec les apparences célestes, il en formacelui auquel la postérité a donné son nom.
On se tromperoit néanmoins , si l’on regardoit Tycho commel’inventeur de cette disposition des corps célestes. Elle n’avoitpas été inconnue à Copernic. Ce restaurateur du vrai systèmede l’Univers avoit fort bien apperçu qu’en arrangeant ainsiles planètes , on satisferoit également à tous les phénomènes.Mais il pensa avec raison que ce seroit blesser Tordre et lasimplicité qui doivent régner dans ce bel ouvrage de la Divi-nité , que de faire ainsi tourner le centre principal et pres-que général des mouvemens des planètes autour d’un autrecentre. Ce motif et plusieurs autres également pressans , le por-tèrent à rejeter cet arrangement, comme n’étant point celuide la nature, et à préférer, malgré T air de paradoxe qui rac-compagne, celui où la terre, au rang des planètes, tourne au-tour du soleil immobile.
Il est à croire que Tycho auroit pensé comme Copernic , sil’envie de donner son nom à un système qui lui fût propre,ne lui eût exagéré les difficultés que Ton peut proposer contrele mouvement de la terre. Quoi qu’il en soit, la plupart decelles sur lesquelles il se détermina à le rejeter , ne valent pasmieux que celles des Péripatéticiens de son temps, et ne sontfondées que sur les fausses notions du mouvement, qu’on avoitalors. Ce sont aussi de fort mauvaises raisons, que celles parlesquelles il entreprend de justifier la rapidité inconcevable ,avec laquelle il faudroit faire tourner toute la machine célestepour satisfaire au mouvement diurne. En vain prétend-il trou-ver et faire remarquer dans ce mouvement, des preuves dela sagesse et de la puissance de la Divinité ( 1 ) ; outre lamauvaise physique qui règne dans son raisonnement , il n’y
(i) Yo y. Epistolae Astron. lib. i , p. 188, etc.