DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. IV. 67Lïa célébrât que le dimanche ; et comme il y eut dans les pre-miers siècles, des églises qui la célébroient le i 4 même de lalune quand il étoit un dimanche , le concile de Nicée tenuen 320 , défendit cet usage, et ordonna que dans ce cas on neréputât jour de Pâques que le dimanche suivant. Dans le mêmetemps du concile de Nicée, l’équinoxe du printemps arrivoitle 21 de mars : c’est pourquoi, comme il n’étoit guère pra-ticable de recourir à l’observation immédiate de l’équinoxe,on regarda ce jour comme celui où il devoit toujours arriver.Ainsi sans autre observation, on réputa lunaison pascale,celle dont le 14 e . jour tomboit le 2.1 de mars, ou le suivoitde plus près.
Avant la tenue du concile de Nicée , plusieurs savans évêquesavoient déja travaillé à donner au calendrier chrétien une formeconstante et régulière, de sorte que, par 1 inspection seuled’une table, on pût aussitôt reconnoître les nouvelles et lespleines lunes , aussi-bien que les jours auxquels on devoitcélébrer les fêtes de l’église. Le siècle qui précéda le concilede Nicée, S. Hippolyte, évêque de Porto, avoit imaginé uncycle de seize années Juliennes , mais il avoit le défaut delaisser anticiper les nouvelles lunes de plus de trois jours. SaintAnatolius, vers l’an 380 , en proposa un autre de dix-neufannées, mais différentes des Juliennes, en ce que dans cetintervalle de temps il ne faisoit que deux bissextiles, au lieude quatre qu’il devoit y avoir, sans compter les dix-huit heuresdes trois dernières années; ainsi ce cycle avoit à-peu-près lemême défaut que celui dTíippolyte. J 1 est surprenant qu'Ana-tolius , à qui les historiens ecclésiastiques donnent de grandséloges pour son savoir en astronomie, méconnût le cycle deMeton, ou ne l’entendît pas mieux. Quelques autres imagi-nèrent un cycle de 84 années, moins imparfait, à la vérité,mais qui étoit sujet à une erreur de cinq jours dans quatrerévolutions. Enfin Eusèbe de Césarée introduisit le cycle deMeton, ou autrement le cycle lunaire, et son usage fut con-firmé par le concile de Nicée , au temps duquel on arrangeale calendrier de la manière dont il a été jusqu’au temps dela réformation.
La persuasion, où l’on étoit alors que la période Métoni-cienne étoit parfaitement exacte, c’est-à-dire qu’après 235 lunai-sons , les nouvelles lunes revenoient précisément au mêmejour et au même moment de Tannée Julienne , donna lieu àl’arrangement du calendrier. On pensa , ce qui étoit natureldans cette supposition, que toutes les années qui auroient lemême nombre d’or, c’est-à-dire qui seroient également éloi-gnées du commencement de la période, auroient leurs nou-
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