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Tome premier.
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velles lunes aux mêmes jours. On inscrivit donc dans le calen-drier ces nombres d’or vis-à-vis les jours où dévoient tomberles nouvelles lunes quand ces nombres auroient lieu. Ainsi l’onyoyoit III vis à-vis le premier de janvier et le 3 i, le premiermars et le 3 i , le 29 avril, le 29 mai, le 27 juin, etc. Celaindiquoit que quand on auroit III pour nombre d’or, c’est-à-dire la troisième des dix-neuf années du cycle, les nouvelleslunes arriveroient ces jours, et ainsi des autres.

Les PP. du concile de Nicée ne firent cependant pas un telfonds sur cette disposition, qu’ils ne la crussent sujette à quel-que défaut. C’est pourquoi ils chargèrent le patriarche d’Alexan-drie , dont l'église étoit censée être la plus versée dans Gastro-nomie , à cause de la fameuse école qui y fleurissoit; ils char-gèrent, dis-je, le patriarche d’Alexandrie de vérifier les lunai-sons pascales par le calcul et les observations astronomiques,et d’indiquer à l’évêque de Rome le jour de la Pâque , aíinque celui-ci Pannonçât à tout le monde chrétien (1). Ainsi ona quelque raison de s’étonner que la Pâque indiquée par lescycles, pouvant être rectifiée par le secours de l’astronomie ,l’église Romaine ait resté pendant si long-temps à faire usaged’un calendrier vicieux , et à célébrer le plus souvent cettefête, contre la disposition du concile. Cela justifie aussi, àcertains égards , les protestans d'Allemagne de la déterminerimmédiatement par le calcul astronomique, puisqu’il est dé-montré que le calendrier actuel la désigne mal assez souvent ,et que dans le siècle qui s’écoule il y en a vingt qui sontou trop avancées, ou trop retardées (2). Mais je reprendsle fil de mon récit.

II y avoit dans le système du calendrier adopté par le con-cile de Nicée, deux fausses suppositions ; l une que la révo-lution du soleil étoit précisément de 3 65 jours 6 heures; etl’autre, que dix-neuf années solaires étoient précisément équi-valentes à 2,35 lunaisons. Ces deux erreurs qui sont peu sen-sibles dans un petit nombre d’années, le sont devenues beau-coup dans la suite des siècles. L’année solaire étant moindrede 11 minutes que 365 jours 6 heures, il en résultoit une ré-trocession successive des équinoxes vers le commencement del’année, qui étoit de 11 minutes par an, ou de trois joursdans 4 °° âns; c’est cette cause qui avoit fait passer l’équi-noxe du 21 mars où il étoit lors du concile de Nicée, aum mars où il se faisoit dans le seizième siècle. D’un autre

(1) Saint Cyrille, in prol. cycli sui. adfínem.V. Bonjour, Calend. Roma-

Petav. de doctrinâ temp. sub Jìnem., jium. Mém. de M. Cassibi. Ment. de

(2) F. Bianchini, Solutioprob. Patc, l’Acad, 1701,