6 9 i HISTOIRE
La vis d’Archiinède fut l’objet d’im traité particulier deGuido Ubaldi. On sait que cette machine n’est autre chosequ’un canal spiral pratiqué autour d’un cylindre , et que cecylindre étant incliné à l’horizon, un poids quelconque entrantpar l’endjouchure inférieure du canal, s’élève à mesure quela machine tourne sur son axe, et sort par l’embouchuresupérieure. Cette machine a cela de remarquable , que c’esten quelque sorte le propre poids du corps et sa propension àdescendre, qui le fait s’élever. Ubaldi examine cet effet etdiverses autres propriétés de cette machine, dans ce traité quiest un mélange de mécanique et de géométrie pure. II futpublié seulement, en i6i5 , par son fils , sous le titre de Cochleâ.M. Daniel Bernoulli a traité depuis ce sujet plus brièvementdans son Hydrodynamique ; je n'ai que faire d’ajouter avecplus de profondeur.; il n’est aucun lecteur qui ne me préviennedans ce jugement.
Le marquis Guido Ubaldi étoit de l’illustre maison delMonte , qui possédoit en Italie quelques châteaux et territoiresen toute suzeraineté. Il fut élève de Commandiii, sous les ins-tructions duquel il fit de rapides progrès dès sa tendre jeu-nesse. 11 passa la plus grande partie de sa vie dans son châ-teau de Monte-Barrocio , uniquement occupé de l’étude. Ona de lui divers ouvrages, dont les titres sont : Mecanicomrn ,ìibrì 6 ; c’est celui dont on vient de parler ; In Flanispherìumdemonstrationes ; In Archimedem de acquìponderantibus Fara-phrasis; Délia correzìone deW anno è délia emeudazionedel Calendario ; Ferspectivae libri 3 , etc., qu’il dédia à sonfrère le cardinal Alcssandro Del Monte; de Cochleâ, ouvrageposthume qui parut en i6i5. Nous ignorons la date précisede sa naissance et de sa mort. Voyez Bernard. Baldi, ChronicaMathem.
La science du mouvement des projectiles occupa aussi quel-ques mécaniciens du seizième siècle ; mais faute de principessolides sur le mouvement , ils n’ení'antèrent que des erreurs.Les premiers qui traitèrent cette question, imaginèrent qu’uncorps poussé avec violence, comme un boulet de canon, dé-crivoit une ligne droite, jusqu’à ce que ce mouvement fûtentièrement détruit, et qu’alors il tomboit perpendiculaire-ment. On voit dans quelques auteurs ( ì ) de ce siècle , unethéorie d’artillerie établie sur ce principe ridicule. II y en eutd’autres qui pensèrent que le boulet décrivoit à la vérité uneligne droite au sortir de la bouche du canon ; mais qu’aprèsun certain terme son mouvement se ralentissant, il décrivoit
i) Daniel Santbech. Problcm, Attron , . 6, i;6r.