Band 
Tome premier.
Seite
700
JPEG-Download
 

7 oo H I s T O I R E

yeux ne voìt-on cependant les objets que simples ; des miroirs,des couleurs produites par la réfraction , et en particulier del’arc-en ciel. Mais on ne trouve en général sur tous ces objetsque des choses vagues ou inexactes, entremêlées néanmoinsde' côté et d’autre de quelques observations justes ; commecelle du rétrécissement de la prunelle à la grande lumière, etde son élargissement dans les lieux obscurs ; ce dont il donnede bonnes raisons : celle que dans les miroirs concaves sphé-riques , le rayon tombant parallèlement à l’axe et réfléchi, .nepeut rencontrer cet axe plus loin de la surface, que la moitiédu rayon ; ce qui devoit lui donner la détermination du foyerdes miroirs caustiques. Mais il s’arrête à ce que nous venonsde dire. Je passe sur quelques autres observations , plus oumoins justes, comme peu importantes ; mais il divague ou setrompe sur presque tout le reste; comme sur la. cause pourlaquelle on ne volt avec les deux yeux les objets que simples,ce qu’il attribue à ce que nous ne voyons jamais que d’un seulœil, opinion que l'artiste célèbre le Clerc a depuis renou-velée et tenté de prouver par diverses expériences. Nonobstantcela, cet ouvrage fait, à certains égards, honneur à J. B. Porta,tant par la connoissance qu’il y étale des opinions des anciens,que par ses efforts pour arriver à quelque chose de mieux ;en quoi il a pu, ainsi que Maurolicus, être de quelque secoursà ceux qui le suivirent.

Nous avons parlé du rétrécissement et de l’élargissement de laprunelle , selon la quantité de la lumière , comme d’une desobservations justes de Porta. Mais nous remarquerons ici, qu’onen attribue aussi la découverte au fameux Frà Paolo barpi, etcela est fondé sur le témoignage du célèbre médecin , Fabriced’siqucipendente , qui lui en fait expressément honneur , endisant q ne ce secret lui a été communiqué par le révérendPère Paul, de Venise, servite, théologien et philosophe insigne,pariicniièiement dévoué aux mathématiques , et sur-tout à F op-tique. On ne connoît pas en général ce mérite particulier deFrà Paolo , le célèbre auteur de l’histoire du concile de Trente,et le hardi défenseur des libertés de la république de Venise,contre les prétentions de Paul V. Mais ces connoissances sontattestées par Galilée lui-inême, qui l’appeloit le Père et le Maîtreuniversel , et disoit qu’on pouvoit, sans exagération, affirmerque personne ne le surpassoit en connoissances mathématiques.Ceci rendroit assez probable l’assertion de ceux qui disent qu’ildevança Harvey, dans la découverte de la circulation du sang ;car il étoit encore grand anatomiste et chimiste. On dit qu illaissa beaucoup de papiers renfermant ses observations phy-siques , et même astronomiques. II est fâcheux que la république