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Tome premier.
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701
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DES MATHEMATIQUES. Part. III. Liv. V. 701de Venise, qui avoit tant de sujets d’être satisfaite du zèle etdes talens de Frà Paolo, n’ait pas, en publiant ces écrits, élevéce nouveau monument à l’honneur de son défenseur.

Quoique ce siècle ait été peu heureux en découvertes phy-sico-mathéinaliques, nous y trouvons cependant une décou-verte remarquable. On la doit à Marc-Antoine de Dominis, lecélèbre et malheureux archevêque de Spalatro en Dalinatie ,dont l’ouvrage intitulé de Radiis visrís et lucis, parut à lavérité seulement en 1611 , mais, suivant son éditeur ( Bartoli),étoit composé depuis plus de 2.0 ans. Ainsi cette découvertedateroit de \ 5 ^q environ. Si quelque chose est propre à prou-ver que le hasard a quelquefois part à des découvertesintéressantes, c’est sans doute cet ouvrage; car il ne contienten général que la plus mauvaise physique , et après l’avoirparcouru, nous avons eu .peine à concevoir que la solutiondu plus beau problème d’optique ait été l’ouvrage d’un phy-sicien si peu éclairé. Mais avant que de l’exposer, il faut direquelques mots des tentatives faites jusqu’alors pour expliquerce phénomène.

II y avoit long-temps qu’on savoit que l’arc-en-ciel est pro-duit parles rayons du soleil, renvoyés dans un certain ordre

1 >ar des gouttes de pluie. Maison avoit toujours cherché, dansa réílection seule , la variété des couleurs qu’il présente, et cettevoie ne pouvoit mener à la véritable explication. L’arc-en-cielintérieur n'étoit réputé qu’une réílection de l’image du soleilsur une nuée concave ; un physicien du commencement du sei-zième siècle, (Josse Chlichtovée), ajouta que l’arc-en-ciel exté-rieur étoit une réílection du premier ; ce qui étoit assez spé-cieux, vu la foiblesse de cet arc comparé au premier, et lerenversement de ses couleurs.

II y avoit cependant une observation qui n’auroit pas dûéchapper si long temps, et qui pouvoit conduire à la vérité:c’est que la réílection d’un rayon de lumière, qui n’est pas coloré,n’y produit jamais de couleurs , tandis que la réfraction enproduit le plus souvent. Ce fut là peut-être ce qui engageaMaurolicus à faire entrer le rayon dans la goutte en s’y réfrac-tant, à lui faire éprouver au-dedans une ou plusieurs réfac-tions, en lin à l’en faire sortir avec une réfraction pour arriverà l’œil du spectateur. Mais le chemin qu’il lui fait tenir estabsolument imaginaire. Un autre physicien , son contemporain(Jean Fleischer de Breslau) , s y prit dune manière un peudifférente. Dans son livre intitulé de Iridìbus doctrina Aris-totelis et Vitell.jonis, 1071 , iri-8°. , il tâched’expliquer le phé-nomène par une double réfraction et une réílection. Mais ilse trompoit encore ; car il imaginoit que le rayon solaire, en