HISTOIRE
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III.
L’optique s’accrut, durant le seizième siècle , d’une nouvellebranche, qui forme aujourd’hui la quatrième de celles quicomposent cette science. C’est la perspective , cet art d’imitersur une surface les dégradations de grandeur et de position ,que paroissent éprouver les objets, de manière à faire sur 1 oeilla même impression que les objets mêmes. On eût pu , à lala rigueur, ne regarder cette branche de l’optique que commeun problème de géométrie ; et effectivement , elle ne tient àl’optique que par son principe fondamental qui , une foisadmis et conçu d’une manière abstraite, laisse tout le reste àfaire à la géométrie pure. Mais les applications multipliées dece problème l’ayant en quelque sorte élevé à la dignité d’unescience particulière , je me conformerai en cela à i’usage. Etcomme on ne trouve , je crois , aucune part la plus légèreesquisse de son histoire, le morceau suivant pourra intéresserquelques lecteurs, four le rendre plus complet , je remonteraijusqu’à la première origine, et comme aux premiers linéamensde cette science.
La perspective doit sa naissance à la peinture , et surtoutà celle des décorations théâtrales. Dans la nécessité où l’onfut de représenter, sur un même plan , des objets qui affectassentl’œil des spectateurs , comme s’ils eussent été en relief et àdiverses profondeurs , on lit des réflexions sur les diminutionsde grandeurs , les chartgemens de position que présententà l’œil ces diíférens objets , suivant qu’ils sont plus ou moinséloignés.
Une rangée d’objets placés sur des lignes parallèles , commeune allée d’arbres , paroît se rétrécir en raison de sa longueur june plaine , quoique de niveau , semble s’élever comme unedouce pente ; un plafond d’une certaine longueur sembles’abaisser à mesure qu’il s’éloigne de l’œil. Ces remarquessurent sans doute les premières qui guidèrent les peintresintelíigens. Mais les géomètres , dont l’inquiétude n’est sa-tisfaite que quand ils ont atteint la rigoureuse exactitude ,ont recherché les causes de ces effets , et les moyens de lesimiter avec précision. C’est le système de ces règles qui com-pose la perspective.
Le principe général dont les anciens se servirent , ainsi quenous, consiste à supposer les objets au-delà d’un tableau trans-parent, et que les rayons qu’ils envoient et qui parviennent