7 o3 HISTOIRE
pective avec ceux de la nôtre. Ce point, pris dans un certainlieu, est la place de ce que l’on nomme le point de vue, quidétermine la position de presque tous les linéamens de l’objet.Quant à-cette disposition inconnue dont il parle, c’est uneexpression suggérée par le peu de connoissance qu'on avoitencore alors de la manière dont s’opère la vision. Mais quelque fût le système qu’on eût adopté à cet égard, pourvu qu’oneût reconnu que l’impression des objets se íàisoit toujours pardes lignes droites , il n'en falloit pas davantage pour établir lesrègles de la perspective.
II ne nous reste rien de plus sur la perspective des anciens,de sorte que nous pouvons regarder les modernes comme lesseconds inventeurs de cet art. II commença parmi nous avecles beaux jours de la peinture , c’est à-dire, vers la fin duquinzième siècle, ou le commencement du seizième. Les plusanciens ouvrages de ce genre, sont celui qu’on trouve dans untraité de Pomponius Gauricus sur les Arts ( i ), imprimé eni 5 o 4 , et celui d’un chanoine de Toul, imprimé en i 5 o 5 (2).Mais rien n’est plus mal et plus obscurément digéré, ainsi quele traité de perspective qui se trouve dans la Margarita phi-losopîáca ; espèce d’Encyclopédie , célèbre dans ce temps ,édition de 1S2Ì. Lucas Paccioli ou Lucas de Burgo, dont ona parlé ailleurs , et le célèbre Albert Durer, en traitèrent plusclairement; le premier, dans son livre de Divina proportione,et le second, dans ses Institutions géométriques en allemand,qui parurent en 1626, in-fol. Ce dernier imagina une espècede châssis-, qui peut servir non-seulement à mettre un objetquelconque en perspective, mais encore à démontrer expéri-mentalement toutes les règles de cette science. Nous apprenonsaussi par Egnazio Dante, que Pietro del Borgo avoit écrit troislivres sur cet objet, et il en fait beaucoup d’éloges. Mais ilfaut nous en tenir à son témoignage ; car ils ne subsistentplus. On met encore au nombre de ces anciens íondateurs dela perspective moderne, le fameux Balthazar Peruzzi de Sienne,auquel on attribue l’invention de ce que nous appelons aujour-d’hui les points de distance , et il simplifia, dit-on, par-làl’invention, encore fort embarrassée, de Pietro del Borgjo.Vignole, dans son traité de Perspective ( 3 ), dit avoir suivi
(1) PomponiiGauriciNeapolitani , (3) Iïegole delta prospettiva pra-
de sculpture -, ubi agiter de symme- tica di Giacomo Barozzi detto il Vi-tria , etc., etc. de perspective, etc., etc. gnole , etc, Rotna, 1583, in-fol.
Flor. 1504, in-8 e .
( 1 ) I)e artificiali perspective ,*
Vietor. Tnlli, 1505, in-8°.