Band 
Tome premier.
Seite
717
JPEG-Download
 

AU QUATRIÈME LIVRE. 717par la brièveté de son ombre, ou par sa projection sur unscertaine ligne. Cette invention , cependant, il la tenoit probable-ment de Thalès même ; car Pline (1) dit qu’il ne lit que perfec-tionner les inventions de son maître. II est encore probableque Thalès lui même tenoit cette invention des Egyptiens ,chez lesquels il avoit voyagé pour s’instruire. A la vérité ,Pline attribue ailleurs (1) la même chose à .Anaxirnène. Maisil résulte du moins de ces différons passages, que l’un de cesphilosophes trouva la théorie des ombres, et la science appeléeGnomonique , enfin ' qu’il montra à Lacédémone le premiercadran solaire (horologium sciatericum'). On pourroit même,par une conjecture assez probable, conserver à chacun d’euxune part dans ces découvertes brillantes pour leur temps.Thalès apporta d’Egypte, avec bien d’autres choses, la manièrede tracer une méridienne ; mais il n’en fit pas usage pourfutilité publique. Anaximandre éleva le premier un Gnomon ,propre à déterminer le midi pour l’rrsage d’une grande ville ,et enfin Anaxirnène y ajouta les heures. Rien n’est plus con-forme à la marche de l’esprit humain.

Hérodote rapporte ( 3 ) d’une autre manière l’introductionde la Gnomonique chez les Grecs. Suivant ce père de l’his-toire, c’étoit des Babyloniens qu’ils tenoient le Pôle et leGnomon , et les douze parties du jour, passage où l’on peutremarquer qu’il ne se sert pas du mot d 'heure. Cela s’accordeassez bien avec d’autres autorités (4), qui nous apprennentqu’un Bérose Caldéen ( que nous croyons devoir être distinguéde l’historien ) avoit passé en Grèce ; qu’il avoit établi à Cosune école des sciences qu’on cultivoit dans son pays , et quiétoient probablement l’astronomie mêlée de divinations astro-logiques ; à quoi l’on ajoute que ces divinations lui firent tantd’honneur à Athènes, qu’on lui éleva une statue. Vitruve ( 5 )attribuant d’ailleurs k un Bérose une sorte d’horloge solaire ,ce fut probablement lui qui apprit aux Grecs, peu avant Héro-dote, l’art des cadrans solaires, et la division du jour en douzeparties. Une circonstance particulière vient k l'appui de cettefixation de l’âge du premier Berose Caldéen ; en effet , ceBérose (6) reconnoissoit des observations caldéennes anté-rieures à lui de 480 ans; et comme d’un autre côté, ilest constant qu’il y en avoit d’antérieures à l’ère d’Alexandred environ 720 ans , il semble qu on peut dire avec vraisem-

(0 Hist. nat ., I. 7 J cap. S7- (5) Archit. I. l), cap. 9.

(a) Hist. nat., ]. 2, cap. 76. (6) Plin. , Hist. nat. , I, 7 cap»

( 3 ) Hist., L 2. 56.

(4) Vitruve , Arch ., I. 9 , cap. 4 et 7.

Pline f Hist , nat. , 1 . 7 , cap. ^6.